Le Sel
Jean-Baptiste Del Amo
Gallimard
9782070129096
À paraître en août 2010.
Une femme et ses trois grands enfants doivent dîner ensemble. Tout au long de cette journée, ils se préparent à cette rencontre en se replongeant dans leurs souvenirs.
Le Sel est à la fois très semblable et très différent d’Une éducation libertine, qui avait été l’un de mes coups de cœur de la rentrée 2008. Bien que l’intrigue et le décor soient complètement différents, on y retrouve des thèmes similaires : la famille et la difficulté à se conformer à ses attentes, la mort, la sexualité, qui n’est jamais romantique ou sentimentale chez Del Amo, mais plutôt brutalement honnête.
Les personnages sont dépeints dans toutes leurs faiblesses, et on découvre une famille marquée par la figure du père qui, bien qu’il soit mort au moment où se situe le roman, a profondément influencé les choix et les vies de tous les personnages.
Un roman dur, sans concessions, excellent.
Comme Louise finissait de border le lit, l’inquiétude la saisit à la gorge. Armand s’était imposé entre les enfants et elle. Bien qu’il fût aujourd’hui disparu, il était entre eux l’obstacle incontournable. Il lui était pourtant impensable de circonscrire son époux à ce rôle auquel Jonas, par exemple, condamnait le souvenir de son père. Armand était un être singulier, Louise n’avait pas la prétention de l’avoir connu. Ils avaient vécu l’un près de l’autre, ne partageant en réalité que de courts instants, des éclats fugaces qui les réunissaient. Dès lors, comment pouvait-elle prétendre savoir qui était Armand ? Louise voulait croire que l’image la plus approchante de l’homme qu’il fut était au confluent de leurs souvenirs à tous, des siens et de ceux des enfant, mais peut-être Armand leur échappait-il encore.

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