avr 232009
 

17 Kingsley gardens
[The Lighted House]
Richard Mason
JC Lattès
9782709629546
Paru en mars 2009.

Joan a 80 ans et ne pouvant vivre seule, doit rentrer en maison de retraite. Sa fille Eloise lui offre un dernier voyage en Afrique du Sud, d’où elle est originaire. Là, elle découvre des pans entiers de l’histoire de sa famille qu’elle ignorait. Rentrée en Angleterre, Joan glisse dans la folie tandis qu’Eloise se débat entre soucis professionnels et soucis familiaux.

Honnêtement, les thèmes de la famille et de la vieillesse ne sont pas vraiment mes préférés, et la seule raison pour laquelle j’ai commencé ce livre, c’est que l’Afrique du Sud est un pays qui me fascine.

Bien que l’Afrique du Sud, et notamment la Guerre des Boers, est un point de départ qui sous-tend tout le roman, la raison pour laquelle j’ai adoré ce livre, c’est Joan, dont la vie est faite de regrets et de non-dits. Ses relations avec sa famille sont complexes, difficiles, authentiques.

Le roman alterne le point de vue de Joan et celui d’Eloise, et la descente dans la folie de Joan est tellement bien écrite qu’il m’a fallu un moment avant de réaliser que oui, Joan perdait les pédales (ou plutôt les faisait apparaître).

17 Kingsley gardens est un roman magnifique, subtil et puissant, à ne surtout pas manquer !

Lire un court extrait »

Elles sonnèrent. Une infirmière vêtue d’un élégant uniforme blanc et gris, arborant un badge où figurait son nom — Karen —, les accueillit dans le vestibule à colonnades :

« Vous devez être madame McAllister, puis-je vous appeler Joan ? » Elle prononçait chaque mot avec une cordialité toute professionnelle. « Je suis la surveillante générale, bienvenue à l’Albany ! »

Joan trouva le ton de Karen caractéristique. Il évoquait des dalles lessivées et des salles communes d’une propreté méticuleuse, un air sain. Plutôt bien en chair, cette femme se déplaçait d’un pas résolu et circonspect.

« Si vous voulez bien me suivre », ajouta-t-elle.

Joan jeta un coup d’œil derrière son épaule pour s’assurer que les deux pédales de piano en cuivre doré qui s’étaient matérialisées dans le taxi l’escortaient toujours. C’était bien le cas. Voilà qui l’enchanta, c’était leur première apparition de la semaine alors qu’elle ne cessait de les guetter. Elles ne s’étaient pas manifestées lors de la visite de la maison de retraite d’Enfield, ce qui avait emplifié la mauvaise impression que lui avaient faite ses couloirs humides et le sol en béton du prétendu jardin. Galvanisée par leur présence, Joan accompagna Eloise et Karen jusqu’au bureau de réception, derrière lequel elle patienta pendant qu’Eloise inscrivait Joan McAllister, Eloise McAllister sur le registre des visiteurs. La surveillante générale leur proposa une boisson chaude.

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