Les Top 100

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sept 232009
 

Je n’arrive pas à venir au bout du livre que je lis en ce moment, donc une minute de fun en attendant le prochain billet.

Les livres que j’ai lu parmi les top 100 français et anglais. J’ai récupéré la liste française [magazine Lire, 2004] sur le blog de Kathel, et la liste anglaise [BBC] sur celui de Praline.

Les listes

sept 142009
 

L’Offense
[La Ofensa]
Ricardo Menéndez Salmón
Actes Sud
9782742785162
Parution prévue pour octobre 2009.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un jeune tailleur allemand est envoyé en France, où il assiste impuissant au massacre d’un village. À la suite de cet événement, il perd toute sensibilité pour devenir une sorte de créature purement mentale. Réfugié à Londres après la guerre avec la femme qu’il a épousé, sa vie est de nouveau bouleversée par l’apparition de trois hommes et d’une femme très belle qu’il ne peut s’empêcher de suivre.

C’est un tout petit livre assez étrange et très dur, sans complaisance pour l’un ou l’autre camp. Son exploration de la noirceur de l’âme humaine se mêle à la calme acceptation des événements qui chamboulent la vie du jeune Kurt, jusqu’à la scène finale.

Par contraste avec les horreurs que Menéndez Salmon dépeint, son style est fantaisiste et plein d’humour.

Un livre très étrange, dont je ne suis pas sûre d’avoir compris toute la portée. À lire.

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Pour se conformer à la tradition familiale et au souhait formel de son père tailleur, Kurt Crüwell devait reprendre son atelier de bonne réputation au numéro 64 de la Gütersloher Strasse dans la ville de Bielefeld, non loin du luxuriant Teutoburgerwald et à quelques pâtés de maisons seulement de l’endroit où des décennies plus tard, entre 1966 et 1968, Philip Johnson, architecte renommé de Cleveland, érigerait la fameuse Kunsthalle ; toutefois, le 1er septembre 1939, un événement traumatisant bien que prévisible compromit ses rêves paisibles de propriétaire — ainsi que son entrée dans la société petite-bourgeoise de Bielefeld — et rendit son destin bien moins paisible et infiniment plus hasardeux.

Ce jour-là, alors que Kurt fêtait son vingt-quatrième anniversaire, l’un de ses compatriotes nommé Hitler donna l’ordre à son armée de forcer le corridor de Dantzig, d’attaquer la ville qu’on connaît aujourd’hui sous le nom de Gdánsk, et de s’emparer d’un morceau de l’histoire polonaise au nom du IIIe Reich.

La Seconde Guerre mondiale venait d’éclater.

sept 132009
 

Et que le vaste monde poursuive sa course folle
[Let the Great World Spin]
Colum McCann
Belfond
9782714445063
Paru en août 2009.

J’ai hésité avant de faire un billet sur ce livre, parce que je n’ai pas pu aller jusqu’au bout. Non qu’il fût particulièrement mauvais ou mal écrit, mais il n’a pas réussi à m’accrocher, et comme je me suis promis que je ne répéterais pas l’expérience du Guide de l’incendiaire, j’ai décidé de limiter les dégâts et de passer à autre chose.

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Celui qui le virent se turent. Depuis Church, Liberty, Cortlandt, West, Fulton ou Vesey Street. Un silence terrible, superbe, à l’écoute de lui-même. Certains pensèrent à une illusion d’optique, une ombre mal placée, un effet d’atmosphère. D’autres prirent ça pour la blague éculée du type qui se plante sur l’asphalte, le doigt pointé, et on s’attroupe autour, les têtes se renversent, hochent, confirment, mails les yeux sont levés pour rien, et on attend comme on attend la chute d’un gag de Lenny Bruce. Seulement, plus ils regardaient, plus c’était clair. À l’extrême limite du toit, la silhouette se détachait sur la grisaille du matin. Sans doute un laveur de vitres. Un ouvrier du bâtiment. Ou un suicidaire.

sept 022009
 

Cartes postales de l’enfer
[The Soul of All Great Designs]
Neil Bissoondath
Phébus
9782752903761
Paru en août 2009.

Un décorateur d’intérieur se fait passer pour un homosexuel familier des stars et des politiciens afin d’asseoir sa réputation. Une jeune fille, émigrante de deuxième génération, issue d’une famille indienne, se rebelle contre les valeurs imposées par ses parents.

Plus qu’un roman sur les secrets, comme l’incipit semble le faire croire, le sujet majeur est le corollaire du secret, le mensonge. J’ai bien aimé le début, qui montre l’élaboration des secrets et l’échange de mensonges, mais la fin m’a prise complètement par surprise, et du coup, je ne suis pas très sûre.

En tout cas, le style est beau, et j’ai trouvé l’écho entre l’excipit et l’incipit particulièrement élégant.

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Tout le monde a des secrets. J’en ai un, moi. Pas vous ? Loin, très loin, un secret enfoui au tréfonds de votre âme, comme on dit ?

Oui, bien sûr. Le paquet de chewing-gums que vous avez piqué au magasin du coin, la bière que vous avez descendue par un après-midi d’été dans un recoin du sous-sol, le magazine porno que vous cachiez sous votre matelas pour égayer vos mornes soirées. Et les revenus que vous avez omis de déclarer, le diplôme que vous avez acheté sur Internet, l’aventure d’un soir dont vous n’avez jamais parlé à votre tendre moitié.

Les secrets… Nous en avons tous. Des cartes postales de l’enfer — des cartes postales jamais envoyées, souvenirs de nos voyages d’ombre accrochés aux murs intérieurs de notre vie, où ils se fondent en quelque sorte dans la trame cachée. Nous en créons nous-mêmes un certain nombre ; d’autres nous sont imposés. Petits ou grands, il n’en sont pas moins des secrets, et nous vivons dans la terreur d’être un jour démasqués. La règle primordiale ? Ne pas se faire prendre.

Et pourtant, porter un secret est terriblement ingrat, triste même, car, à supposer que vous réussissiez à le cacher, il mourra avec vous. Comme s’il n’avait jamais existé. On a l’étrange envie de laisser derrière soi ce legs insolite. J’éprouve un frisson à la pensée de la réaction que je provoquerais : les yeux écarquillés, incrédules, la bouche entrouverte sur un oh ! médusé.

Les secrets font tourner le monde : si tout se savait, le monde s’effondrerait.

Non ?