nov 092009
 

Le Dieu des Petits Riens
[The God of Small Things]
Arundhati Roy
Gallimard
9782070411726
Paru en 1996.

Dans les années 60 en Inde, deux jeunes enfants, jumeaux, grandissent innocemment dans une société en plein bouleversement. Ils vont se retrouver brutalement confrontés au monde des adultes, plein de préjugés et de violence.

J’ai eu énormément de mal à arriver au bout de ce roman, et même après l’avoir fini, je ne suis pas complètement sure de l’avoir réellement aimé. J’ai trouvé la structure non-chronologique confuse, même si, effectivement, c’est une des raisons majeures pour lesquelles je suis allée jusqu’au bout : je savais qu’il allait se passer quelque chose, et je voulais savoir quoi.

J’ai cependant beaucoup apprécié la façon dont Arundhati Roy (et sa traductrice, Claude Demanuelli) manipule le langage, quand elle fait parler les enfants, qui sont confrontés à des mots qu’ils ne connaissent pas et n’ont jamais vu écrits, et donc qu’ils déforment et se rapproprient.

Lire un court extrait »

Quoi qu’il en soit, quand elle pense aujourd’hui à Estha et Rahel, c’est en termes d’Eux, parce que séparément ils ne sont plus ce qu’Ils étaient ni ce qu’Ils croyaient jamais devenir.

Au grand jamais.

Leurs vies ont désormais une forme et une dimension propre. Estha en a une, et Rahel une autre.

Arêtes, franges, bordures, frontières, limites sont apparues comme autant de lutins à l’horizon de leurs vies spécifiques. Petites créatures nanties de longues ombres qui montent la garde aux Confins Embrumés. De petites poches se sont formées sous leurs yeux, et ils ont l’âge d’Ammu quand elle est morte. Trente et un ans. Ce n’est pas vieux.

Ni jeune.

Un âge pour vivre ; pour mourir, aussi.

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