avr 022010
 

Sous la pierre mouvante
Néstor Ponce et Pablo Añeli (photographies)
Le Bec en l’Air
9782916073576
Paru en 2010.

Dans les années 1870, en Argentine dans la ville de Tandil, célèbre pour sa Pierre Mouvante, gros rocher posé en équilibre instable sur une corniche. La mort d’une petite fille conduit son père a faire appel à Papa Dieu, un gaucho charismatique que l’on dit doté de pouvoirs surnaturels. Les conséquences seront inattendues.

Un livre assez étrange, il faut le dire. Je n’ai pas réellement accroché à l’intrigue. Par contre, j’ai adoré le concept de la collection (« Collatéral », chez le Bec en l’air) : des textes écrits à partir de photographies, en l’occurrence ici à la fois des photographies anciennes de la Pierre Mouvante, et des photographies modernes de Pablo Añeli.

Autant ce livre ne m’a pas vraiment touchée, autant j’ai envie d’en essayer d’autres de la même collection, juste pour le concept, et parce que ce sont des objets magnifiques.

Lire un court extrait »

C’est peu après le départ de Matildita que j’avais entendu les premiers râles, la nuit. Je les mis d’abord sur le compte de la fatigue, de l’imagination écartelée par le souvenir. Ensuite, je crus que c’étaient des animaux qui rôdaient, la langue pendante. Si près de la maison ? Des chiens errants venus planter leurs crocs dans la gorge des moutons ? C’est pour cette raison que je me levai une première fois, les mains pétrissant le noir. Je pris le colt dans ma table de chevet. Le jour se levait et le ciel bouché annonçait une matinée poisseuse et lourde. Quand j’ouvris les volets, les râles s’interrompirent. Je scrutai les arbres du voisinage, les bras des grandes herbes, les plantations au-delà. La paix était si profonde qu’on pouvait tendre la main et saisir les fragments de cette image. Rien ne bougeait, rien ne tremblait.

Il s’agissait des premiers signes. Mais je ne pouvais pas le savoir. Pas encore.

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