avr 092010
 

Le Maître et Marguerite
[Мастер и Маргарита]
Mikhail Boulgakov
Pocket
9782266134378
Paru en 1968.

Dans les années 20, le diable vient visiter Moscou, semant la zizanie dans la population sous le joug soviétique. Là, il rencontre le Maître, auteur d’un livre controversé sur Ponce Pilate, et Marguerite, la femme qu’il aime. En parallèle, nous suivons Ponce Pilate au cours des jours qui ont précédé et suivi la mort de Yeshoua Ha-Nozri.

Complètement surréaliste ! Je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais, mais sûrement pas à ça.

L’atmosphère est oppressante, dans une critique acerbe du totalitarisme soviétique de l’époque. Les Moscovites ne questionnent jamais les événements surnaturels qui les entourent, trop habitués à baisser la nuque, et il est parlant que la première réaction d’un homme apprenant la disparition de son collègue ne soit pas « Où est-il ? », mais « Qu’a-t-il fait pour être arrêté ? »

Les épisodes parallèles suivent Ponce Pilate, qui devient, sous la plume de Boulgakov, plus que la caricature des Évangiles, et les événements de la Semaine Sainte prennent une dimension humaine, avec tous les défauts et faiblesses que ça implique.

Un chef-d’œuvre de la littérature mondiale, à découvrir.

Lire un court extrait »

Avec beaucoup d’aisance, l’homme s’assit entre eux, et se mit aussitôt de la conversation.

– Si je ne me suis point mépris, vous avez jugé bon d’affirmer, n’est-ce-pas, que Jésus n’avait jamais existé ? demanda-t-il en fixant son œil vert sur Berlioz.

– Vous ne vous êtes nullement mépris, répondit courtoisement Berlioz. C’est précisément ce que j’ai dit.

– Ah ! comme c’est intéressant ! s’écria l’étranger.

« En quoi diable est-ce que ça le regarde ! » songea Biezdomny en fronçant les sourcils.

– Et vous êtes d’accord avec votre interlocuteur ? demanda l’inconnu en tournant son œil droit vers Biezdomny.

– Cent fois pour une ! affirma celui-ci, qui aimait les formules ampoulées et le style allégorique.

– Étonnant ! (s’écria à nouveau l’indiscret personnage. Puis, sans qu’on sache pourquoi, il regarda autour de lui comme un voleur, et, étouffant sa voix de basse, il reprit :) Pardonnez-moi de vous importuner, mais si j’ai bien compris, et tout le reste mis à part, vous ne… croyez pas en Dieu !

Il leur jeta un regard effrayé et ajouta vivement :

– Je ne le répéterai à personne, je vous le jure !

– Effectivement, nous ne croyons pas en Dieu, répondit Berlioz en se retenant de sourire de l’effroi du touriste, mais c’est une chose dont nous pouvons parler tout à fait librement.

L’étranger se renversa sur le dossier du banc et lança, d’une voix que la curiosité rendait presque glapissante :

– Vous êtes athées ?

–Mais oui, nous sommes athées, répondit Berlioz en souriant.

« Il s’incruste, ce pou d’importation ! » pensa Biezdomny avec colère.

– Mais cela est merveilleux ! s’exclama l’étranger stupéfait, et il se mit à tourner la tête en tous sens pour regarder tour à tour les deux hommes de lettres.

  Une commentaire à “Le Maître et Marguerite, de Mikhaïl Boulgakov”

  1. Je compte le lire bientôt…

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