déc 312010
 

Récit de Lune
[Yue Yin]
Guo Songfen
Zulma
9782843044304
Paru en 2007.

Tiemin revient de la guerre atteint de tuberculose. Pendant deux ans, son épouse dévouée va le soigner, et c’est son rétablissement qui les séparera.

Un texte court assez étrange, dont la forme assez onirique et poétique contraste avec le fond très politique. La fin était complètement inattendue.

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Vers la fin de la guerre, Tiemin, mis en congé par la soixante-troisième armée, rentra chez lui sur un brancard.

Aussi la mère de Wenhui douta-t-elle quelque peu de l’opportunité du mariage des jeunes gen. Wenhui, pourtant, ne pouvait déjà plus contenir sa joie, elle bondissait d’allégresse dès qu’il était question de Tiemin.

De retour à Taipei de la campagne où elle avait été évacuée, elle avait à nouveau revêtu l’uniforme d’élève du lycée de filles Numéro Trois.

Dans ses instants de solitude, elle se regardait dans le miroir, les yeux vides, perdue dans de douces rêveries dont elle ne pouvait s’arracher avant un long moment. Lorsque sa mère l’appelait, c’était comme si elle s’éveillait d’un songe. Elle s’éloignait du miroir à regret, s’emparait du panier à provisions pour se rendre au marché et, solitaire et rêveuse, déambulait dans les rues en imaginant sa vie future de femme mariée. Si elle avait manqué d’entrain au plus fort de la guerre, elle était animée à présent des pensées les plus gaies. Elle avait retrouvé son petit pas rapide qui faisait naître un souffle d’air dans son sillage.

déc 312010
 

Winter Fair Gifts in Miles in Love
[Pas traduit]
Lois McMaster Bujold
Baen
9781416555223
Paru en 2008.

Miles se marie, mais tout ne se passe pas comme prévu.

Pas, de loin, le meilleur texte de Bujold, mais l’utilisation du point de vue externe est toujours intéressante.

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The hulking figure unfolded from the groundcar and stood up, and up. Pym, who was almost as tall as Roic, did not come quite up to its shoulder. It shook out the swirling folds of a gray and white greatcoat of military cut, and threw back its head. The light from overhead caught the face and gleamed off . . . were those fangs , hooked over the out-slung lower jaw?

Sergeant Taura was the name that went with it, by process of elimination. One of m’lord’s old military buddies, Pym had given Roic to understand, and—don’t be fooled by the rank—of some particular importance (if rather mysterious, as was everything connected with Lord Miles Vorkosigan’s late career in Imperial Security.) Pym was former ImpSec himself. Roic was not, as he was reminded, oh, three times a day on average.

 

Une silhouette massive sortit de la voiture et se déplia. Pym, qui était presque aussi grand que Roic, ne lui arrivait pas tout à fait à l’épaule. La créature secoua les plis d’un manteau gris et blanc de coupe militaire, et rejeta sa tête en arrière. La lumière illumina son visage et fit briller… étaient-ce des crocs, visibles sur la mâchoire saillante ?

Par élimination, c’était là le sergent Taura. Un des anciens camarades de l’armée de milord, Pym avait fait comprendre à Roic, et — ne te laisse pas tromper par le rang — d’importance particulière (et plutôt mystérieuse, comme tout ce qui avait rapport à l’ancienne carrière de Lord Miles Vorkosigan dans la Sécurité Impériale.) Pym était lui-même un ancien de SécImp. Pas Roic, comme on le lui rappelait, oh, trois fois par jour en moyenne.

déc 312010
 

La Couleur des sentiments
[The Help]
Kathryn Stockett
Jacqueline Chambon
9782742792917
Paru en 2010.

1962, Jackson, Mississippi. Une jeune femme de la bourgeoisie blanche persuade des bonnes noires de raconter leurs vies, leurs humiliations, leurs joies aussi.

J’avais un peu peur avant de commencer le livre, et finalement je l’ai bien aimé. Kathryn Stockett a réussi à éviter les écueils des clichés anti-racistes, avec une fin en demi-teinte.

J’ai tout de même trouvé le livre parfois difficile à lire, dans l’étalage de racisme dont font preuve certains personnages. Pas tellement les violences extrêmes, tels les militants assassinés par le Klu Klux Klan, mais le racisme ordinaire, notamment l’affaire des toilettes : faire construire des toilettes séparées pour les bonnes noires est essentiel pour la santé publique, car ces noirs n’ont pas les mêmes maladies, n’est-ce pas… Même si ce racisme est condamné par les narrateurs, il reste difficile à avaler.

Intéressant.

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J’ai perdu mon garçon, Treelore, juste avant de commencer chez Miss Leefolt. Il avait vingt-quatre ans. Le plus bel âge de la vie. Ça lui faisait pas assez de temps passé en ce monde, c’est tout.

Il s’était pris un petit appartement dans Foley Street. Il sortait avec Frances, une gentille fille, et je pense qu’ils auraient pas tardé à se marier, mais il était un peu lent pour ces choses-là, Treelore. C’était pas qu’il voulait trouver mieux, mais plutôt qu’il était du genre qui réfléchit. Il avait des grosses lunettes et il lisait tout le temps. Même qu’il avait commencé à écrire son livre, sur comment les gens de couleur vivaient et travaillaient dans le Mississippi. Mon Dieu, que ça me rendait fière ! Mais un soir il est resté tard à la scierie de Scanlon Taylor pour charger des grosses poutres sur le camion, pleines d’échardes qui vous rentraient dans la peau à travers les gants. Il était trop petit pour ce travail, trop maigre, mais il en avait besoin. Il était fatigué. Il a glissé du quai de chargement et il est tombé dans le passage. Le type qui conduisait le semi-remorque l’a pas vu et il lui a écrasé les poumons avant qu’il ait fait un geste. Quand je l’ai su, il était mort.

déc 302010
 

A Civil Campaign in Miles in Love
[Ekaterin chez J'ai lu -- épuisé]
Lois McMaster Bujold
Baen
9781416555223
Paru en 2008.

Miles fait la cour à Ekaterin comme un général conquerrait un pays. Ça ne se passe pas comme prévu.

A Civil Campaign est une comédie de mœurs assortie d’une intrigue romantique, dans la plus pure tradition de Jane Austen et Georgette Heyer, deux des dédicataires du livre. Certains passages basculent carrément dans la farce, notamment ce qui doit être le dîner le plus inconfortable et raté de toute l’histoire de la littérature.

On peut aussi y voir la vie politique barrayane, faite principalement de coups fourrés et de trafic d’influence. La section où Miles et ses amis se concertent pour savoir quels Comtes ils peuvent gagner à leur cause est particulièrement révélatrice.

Hilarant !

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He grimaced out the canopy. “I’ve sworn off falling in love with galactic women and then trying to persuade them to immigrate to Barrayar. I’ve concluded my only hope is to find a woman who can already stand Barrayar, and persuade her to like me.”

“And does Madame Vorsoisson like Barrayar?”

“About as well as I do.” He smiled grimly.

“And, ah . . . the second part?”

“We’ll see, Pym.” Or not, as the case may be. At least the spectacle of a man of thirty-plus, going courting seriously for the first time in his life–the first time in the Barrayaran style, anyway–promised to provide hours of entertainment for his interested staff.

 

Il grimaça en direction du plafond.

– J’ai décidé d’arrêter de tomber amoureux de femmes galactiques et d’essayer de les persuader d’émigrer sur Barrayar. Je suis parvenu à la conclusion que mon seul espoir était de trouver une femme qui peut déjà supporter Barrayar et la convaincre de m’aimer.

– Et est-ce que Madame Vorsoisson aime Barrayar ?

– À peu près autant que moi.

Son sourire était sinistre.

– Et, euh, la deuxième partie ?

– Nous verrons, Pym.

Ou pas, selon le cas. Au moins, le spectacle d’un homme d’une trentaine d’années, courtisant une femme sérieusement pour la première fois de sa vie — la première fois à la manière barrayarane, en tout cas — était sûr d’être une source considérable d’amusement pour son personnel.

déc 302010
 

La Fameuse Invasion de la Sicile par les ours
[La famosa invasione degli orsi in Sicilia]
Dino Buzzati
Stock
9782234062214
Paru en 2010.

Le fils du roi des ours a été enlevé par les humains, et son père lève une armée pour le retrouver. Pendant plus de dix ans, il va régner à la fois sur les ours et sur les humains, sans se rendre compte que les ours adoptent les pires défauts des humains : la jalousie, le jeu, le vol, le mensonge, l’orgueil.

Un très belle fable, pour les plus grands comme pour les plus petits, joliment illustrée par l’auteur.

Comme souvent dans les fables, les animaux, leur pureté et leur innocence, sont utilisés pour souligner et contraster la faillibilité et les vices humains.

Adorable !

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Mais les ours, et le Roi Léonce avec eux, ne connaissaient pas les hommes, leur méchanceté, leur malice ; ils ignoraient de quelles armes redoutables ils disposaient, quels pièges ils étaient capables de dresser pour s’emparer des bêtes. Les ours ne savaient pas, les ours n’avaient pas peur. Et ils décidèrent de quitter leurs montagne et de descendre vers la plaine.