jan 222011
 

Harare Nord
[Harare North]
Brian Chikwava
Éditions Zoé
9782881826849
Paru en janvier 2011.

Tranche de vie d’un émigré zimbabwéen à Londres.

La littérature d’immigration était plutôt écrite par les Indiens et les Pakistanais, mais ces dernières années, ce sont les Africains qui ont repris le flambeau, avec tout autant de talent.

Le jeune narrateur est recherché au Zimbabwe pour ses actions dans les jeunesses pro-mugabéennes, et ses opinions le mettent tout de suite en porte-à-faux par rapport au lecteur occidental, généralement plutôt anti-Mugabe. Et pourtant il nous devient très vite sympathique, avec son regard caustique sur la société occidentale, mais aussi sur sa propre société, notamment les liens familiaux.

Le style est original et amusant, et je félicite au passage le traducteur pour son excellent travail.

Un auteur à découvrir.

Lire un court extrait »

Les Green Bombers ne recherchent que les ennemis de l’état et Sekai comprend pas ça parce que là elle et Paul ils sont devenus de ces gens qui soutiennent le parti d’opposition du Zimbabwe. Les Green Bombers ils sont là pour aller enfumer les cahutes en tôle ondulée des ennemis de l’État, les chasser de là, et les disperser ensuite à travers la terre. Sekai et Paul ils arrivent pas à piger ça, mais je dis rien moi, et je laisse Sekai yari yari yari au téléphone, à traiter les Green Bombers. Elle sait rien. Elle connaît même pas le Camarade Mugabe. Le président peut se pointer et te fouetter avec la vérité. La vérité c’est comme un serpent parce qu’elle t’échappe des doigts quand elle bouge et qu’elle fait fuir les gens dans tous les sens quand elle se glisse dans la foule, mais Sekai sait pas. Le Camarade Mugabe est un esprit puissant ; il peut chasser le serpent des hautes herbes en lui soufflant dessus comme si c’était un bout de papier — le porter haut dans le ciel clair et azur pour que chacun le voie. Puis quand il le relâche, les gens déchirent leurs frocs et courent se terrer de nouveau dans leur trou.

  2 commentaires à “Harare Nord, de Brian Chikwava”

  1. Bonjour,

    Un petit mot afin de vous remercier d’avoir commenté l’ouvrage de Brian Chikwava, et aussi pour votre reconnaissance de mon travail de traducteur. Je me permets de vous signaler au passage deux petites fautes de frappe qui se sont glissées dans votre transcription d’extrait:

    3ème ligne: « …aller enfumer les cahutes… »
    dernière ligne: « …déchirent leurs frocs… »

    Bien à vous,
    PJM

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