avr 102011
 

Nouvelles d’Islande
Éditions Magellan & Cie
9782350741949
Paru en 2011.

Quelques nouvelles d’auteurs islandais, pour la plupart traduits en français pour la première fois.

Comme souvent chez les Islandais, on a ce regard un peu décalé et dérangeant sur la vie. Quelques unes des nouvelles sont excellentes, et font regretter que ce soient les seuls textes disponibles en français de ces auteurs.

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Il était une fois un bourg où personne ne parlait la même langue. Personne n’usait du même mot pour désigner la même chose. Tout le monde pourtant se comprenait, et chacun vivait paisiblement en harmonie avec les autres. La joie de vivre, la bonne humeur des habitants était notable et, si incroyable que cela puisse paraître, ils étaient bavards. Le bourg était situé dans une région innomée au centre de l’Europe centrale. Elle était restée sans nom, si profondément encaissée depuis des lustres qu’elle avait au mieux été représentée par un trou noir sur les cartes. À vrai dire, le plus souvent, elle n’avait pas été représentée du tout.

mar 162010
 

Trésor de la nouvelle de la littérature scandinave
Les Belles Lettres
9782251443751
Paru en novembre 2009.

Présentée par Régis Boyer, spécialiste reconnu des littératures scandinaves, cette anthologie de la nouvelle scandinave regroupe des écrivains danois, islandais, norvégiens et suédois du XXe siècle.

Les nouvelles sont regroupées par pays, et ce qui est intéressant, c’est de voir qu’il y a finalement une certaine unité de thème et de style à l’intérieur des différentes nationalités.

J’ai préféré les nouvelles islandaises (ce qui ne surprendra personne) et norvégiennes aux danoises et suédoises, qui semblent préférer des sujets très ordinaires qui ne m’attirent pas vraiment.

Une bonne introduction à la littérature des pays du nord. Le seul regret est que certains de ces auteurs ne sont pas traduits du tout en français.

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Ils habitaient un peu en dehors de la petite ville de pêcheurs, eux deux, le père et le fils. Ils s’appelaient tous les deux Snjólfur. Les gens disaient le vieux Snjólfur et le jeune Snjólfur. Mais entre eux, ils disaient seulement Snjólfur. C’était une habitude, comme ça. De fait, comme ils portaient le même nom, ils se trouvaient mieux de s’entrappeler comme ça. Le vieux Snjólfur dépassait juste la cinquantaine, le jeune Snjólfur venait d’avoir douze ans.

Ils allaient toujours de conserve. S’ils se déplaçaient séparément, c’était contraints et forcés. Autant que le jeune Snjólfur s’en souvienne, il en avait toujours été ainsi.

juin 252009
 

Tête en miettes
[Brotahöfuð]
Þórarinn Eldjárn
Cavalier Bleu
9782846700559
Paru en 2003.

Un homme est emprisonné à Copenhague pour avoir écrit un pamphlet en opposition aux lois régissant l’Islande. Le roman nous raconte comment il est arrivé là, tout en nous donnant une tranche de vie dans l’Islande du milieu du XVIIe siècle.

J’ai beaucoup aimé l’exotisme du roman qui nous fait découvrir l’Islande, et le mode picaresque sur lequel le narrateur nous raconte sa vie. Le style est enlevé, mêlant allègrement rímur (une forme de poésie islandaise, souvent épique, en rimes et allitérations) et prose.

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Plus haute l’ascension, plus basse la chute. Ne peut-on dire que c’est bien exprimer la situation dans laquelle je me trouve à présent ? Du diable si c’est le cas ! Assurément, je n’ai jamais grimpé haut, encore que, sans aucun doute, ç’ait été plus que je ne l’aurais dû. C’est ce que certains ont trouvé, en tout cas. Et tomber bien bas ? Cela dépend de la manière dont on voit cela : d’un point de vue purement physique, je ne suis certainement jamais parvenu plus haut que maintenant, au cinquième étage de l’épaisse et solide Tour Bleue où je suis emprisonné depuis des semaines. Et il faut considérer que très peu de mes compatriotes ont jamais atteint de pareilles hauteurs dans leur vie. Nota bene : c’est-à-dire derrière des portes !