juil 232010
 

Petits suicides entre amis
[Hurmaava joukkoitsemurha]
Arto Paasilinna
Gallimard
9782070308088
Paru en 2005.

Deux hommes, contrariés dans leurs projets de suicide, décident de s’associer et de recruter d’autres suicidaires pour partir ensemble. S’ensuit une folle équipée qui les conduira de la Finlande à la pointe du Portugal.

Voilà enfin le grand Paasilinna qu’on m’a recommandé ! L’humour est corrosif, noir et déjanté, et nous montre chemin faisant que la vie vaut quand même la peine d’être vécue.

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Les deux hommes lurent quelques cartes et ouvrirent un premier lot d’enveloppes. Les plis suintaient le désespoir. Les candidats au suicide avaient griffonné leurs messages d’une écriture irrégulière, sans souci des règles de grammaire et sous l’emprise d’une énergie incontrôlée, appelant les destinataires au secours : se pouvait-il qu’ils ne soient pas seuls dans leur détresse ? Contre toute évidence ? Des inconnus étaient-ils susceptibles de les aider ?

Les signataires des lettres avaient vu leur monde s’écrouler. Leur moral était à zéro, certains étaient si désespérés que même les yeux endurcis du colonel se mouillèrent. Ils s’étaient saisis de l’annonce salvatrice comme des noyés d’un dernier fétu de paille.

Tenter de répondre personnellement à chacun semblait impossible. Le simple effort d’ouvrir et de lire toutes les lettres paraissait surhumain.

Après avoir parcouru en diagonale une centaine de missives, le président Rellonen et le colonel Kemppainen étaient déjà si épuisés qu’ils n’avaient plus la force de continuer. Ils allèrent se baigner.

juin 142009
 

Les Dix Femmes de l’industriel Rauno Rämekorpi
[Kymmenen riivinrautaa]
Arto Paasilinna
Denoël
9782207260678
Paru en mai 2009.

À l’occasion de ses soixante ans, Rauno Rämekorpi reçoit des douzaines de bouquets qu’il décide de redistribuer aux femmes de sa connaissance. Chaque rencontre se finit dans un lit, et à Noël, Rauno décide de remettre ça. Excepté qu’entre temps, chaque femme a appris l’existence des autres…

Pour mon premier Paasilinna, je suis plutôt déçue. L’humour est bon enfant et grivois, et donc ne fait pas dans la dentelle. J’ai aussi été dérangée par la misogynie quasi omniprésente du roman.

Je vais probablement donner une autre chance à Paasilinna, mais celui-ci est plutôt à éviter.

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Il fallait faire sortir la mésange, car les lieux se rempliraient bientôt de visiteurs venus fêter l’anniversaire de l’industriel et il aurait été malséant qu’elle se mette, effrayée par le brouhaha, à lâcher des fientes dans les verres de champagnes ou les savantes coiffures des dames. Rauno descendit en courant au rez-de-chaussée ouvrir toutes les fenêtres et les portes donnant sur l’extérieur. Annikki claqua des mains, mais la petite mésange ne semblait pas comprendre ce qu’on attendait d’elle. La tête penchée, elle regardait l’homme nu grimpé sur un escabeau qui tentait de la chasser de son refuge. Alors qu’il était sur le point d’atteindre l’abat-jour, elle s’envola sur la tringle à rideaux — des tentures en tissu gaufré blanc, elles aussi choisies par Annikki. Le héros du jour sauta à terre et s’empara d’un balai à franges. L’oiseau venait de lui échapper à nouveau quand on sonna à la porte.