juin 212010
 

Le Liseur
[Der Vorleser]
Bernhard Schlink
Gallimard
9782070404582
Paru en 1999.

À l’age de 15 ans, Max devient l’amant d’une femme plus âgée que lui à qui il fait aussi la lecture. Un jour, elle disparaît sans prévenir. Des années plus tard, Max la retrouve sur le banc des accusés et découvre qu’elle était gardienne de camp pendant la guerre.

Le Liseur m’a laissé une impression de malaise, notamment parce que le lecteur est censé sympathiser avec les choix d’Hannah, les prendre en pitié, pour aussi mauvais qu’ils aient été.

J’avais découvert son secret une cinquantaine de pages avant qu’il soit révélé et, peut-être parce que j’ai du mal à imaginer le genre de honte qui pourrait conduire à faire ces choix, je n’ai pas réussi à rentrer dans le jeu de l’auteur. Mon plus gros problème, c’est qu’Hannah ne semble jamais comprendre la gravité de ses actes, et donc ne manifeste jamais de remords.

Un texte intéressant, qui donne à réfléchir.

Lire un court extrait »

J’attendis dans le couloir. Elle se changea dans la cuisine. La porte était entrebâillée. Elle ôta sa robe tablier et se trouva en sous-vêtements vert clair. Deux bas pendaient sur un dossier de la chaise. Elle en prit un et, avec de petits mouvements vifs des deux mains, le retroussa jusqu’à en faire un anneau. En équilibre sur une jambe, le talon de l’autre jambe appuyé sur le genou, elle passa le bas ainsi roulé sur le bout de son pied, puis posa celui-ci sur la chaise et enfila le bas sur son mollet, son genou et sa cuisse, se penchant alors de côté pour l’attacher aux jarretelles. Elle se redressa, ôta le pied de la chaise et prit l’autre bas.

Je ne pouvais détacher mes yeux d’elle. De sa nuque et de ses épaules, de ses seins que la lingerie drapait plus qu’elle ne les cachait, de ses fesse sur lesquelles son jupon se tendait lorsqu’elle appuyait le talon sur le genou et qu’elle le posait sur la chaise, de sa jambe d’abord nue et pâle, puis d’un éclat soyeux une fois dans le bas.