mai 042010
 

Les Derniers Jours de Stefan Zweig
Laurent Seksik
Flammarion
9782081231894
Paru en 2010.

Fin 1941, Stefan Zweig et sa femme se réfugient au Brésil. Là, Zweig se rend compte que les événements lui ont ôté jusqu’à l’envie d’écrire. Désespérés par la situation en Europe, ne croyant plus que les Alliés peuvent gagner la guerre, lui et sa femme décident de se suicider.

Je ne connaissait pas la vie de Stefan Zweig, et même si le livre ne parle que de ses derniers mois, je l’ai trouvé intéressant. L’angoisse et l’incertitude de la guerre sont très bien rendues.

La grande force du livre, cela dit, est de donner envie de relire Zweig, et peut-être une biographie plus longue.

Lire un court extrait »

Très tôt, il avait senti le vent tourner, le vent mauvais soufflant d’Allemagne. La rage dans les discours, la brutalité des actes annonçaient l’Apocalypse à qui avait les yeux ouverts, qui prêtait un sens aux mots.

Il appartenait à une race en voie de perdition : l’ « Homo austrico-judaïcus ». Il avait l’instinct de ces choses, il connaissait bien l’Histoire. Il avait écrit sur toutes les époques, sur Marie Stuart et Marie-Antoinette, Fouché et Bonaparte, Calvin et Érasme. À l’aune des tragédies du passé, il parvenait à augurer des drames en devenir. Cette guerre-là n’avait rien de commun avec les précédentes.