déc 292010
 

Memory
[Memory chez J'ai lu]
Lois McMaster Bujold
Baen
9780671878450
Paru en 1996.

Miles récolte ce qu’il a semé dans Mirror Dance : sa mort a des conséquences dramatiques pour sa carrière. Forcé de rester sur Barrayar, il se retrouve bientôt mêlé à une attaque sur le chef de la Sécurité Impériale, Simon Illyan.

De tous les livres de la saga, Memory est probablement mon préféré. C’est un livre charnière, qui marque la fin de l’amiral Naismith et la renaissance de lord Vorkosigan.

Excellent.

Lire un court extrait »

Miles wished he could delete the entire Blue Squad record from his report. Impractical, alas. Having the most interesting sequence missing would draw Illyan’s attention as surely as a signal fire on a mountaintop.

Of course, if he deleted the entire appendix, all the squad records, it would be camouflaged in the general absence. . . .

Miles considered what could replace Appendix C. He had written plenty of brief or vague mission synopses in the past, in the press of events or exhaustion. Due to a malfunction, the right-arm plasma arc in Suit #032 locked into the “on” position. In the several minutes of confusion surrounding correcting the malfunction, the subject was unfortunately hit by the plasma beam. . . . Not his fault, if the reader construed this as a malfunction in the suit and not its wearer.

No. He could not lie to Illyan. Not even in the passive voice.

I wouldn’t be lying. I’d just be editing my report for length.

It couldn’t be done. He’d be sure to miss some tiny corroborative detail in one of the other files, and Illyan’s analysts would pick it up, and then he’d be in ten times the trouble.

Not that there was that much in the other sections pertinent to this brief incident. It wouldn’t be that hard to run over the whole report.

This is a bad idea.

 

Miles aurait voulu pouvoir supprimer la totalité des enregistrements du Groupe Bleu de son rapport. Infaisable, hélas. Ne pas avoir la séquence la plus intéressante attirerait l’attention d’Illyan aussi surement qu’un signal de fumée en haut d’une montagne.

Bien sûr, s’il supprimait tout l’appendice, tous les enregistrements des groupes, ça serait camouflé par l’absence générale d’informations…

Miles réfléchit à ce qui pourrait remplacer l’Appendice C. Il avait écrit pas mal de synopsis de mission courts ou vagues, par le passé, dans le feu de l’action, ou par épuisement. Suite à un dysfonctionnement, l’arc plasma du bras droit de la Combinaison N°032 s’est bloquée en position allumé. Durant les quelques minutes de confusion nécessaires pour corriger le dysfonctionnement, le sujet a été malheureusement touché par le rayon plasma… Pas sa faute, si le lecteur l’interprétait comme un dysfonctionnement de la combinaison et pas de celui qui la portait.

Non. Il ne pouvait pas mentir à Illyan. Même pas par omission.

Je ne mentirais pas. Je raccourcirais juste mon rapport.

C’était impossible. À coup sûr il oublierait un minuscule détail dans un des autres fichiers, et les analystes d’Illyan s’en apercevrait, et ses problèmes seraient multipliés par dix.

Non qu’il y eût dans les autres sections beaucoup d’informations se rapportant à ce court incident. Ce ne serait pas difficile de réviser le rapport.

C’est une mauvaise idée.

nov 052010
 

Mirror Dance in Miles Errant
[La Danse du miroir chez J'ai lu]
Lois McMaster Bujold
Baen
9780743435581
Paru en 2002.

Mark refait apparition dans la vie de Miles, et si ses intentions sont bonnes, ses résultats, eux…

De loin le livre le plus noir de la série : certains passages de tortures sont insoutenables, même s’ils sont moins graphiques que dans mon souvenir. Il y a aussi une réflexion passionnante sur les liens familiaux, notamment ce qui constitue une famille.

Encore une fois un très bon livre.

Lire un court extrait »

“Where did I say I was going?” Miles inquired. His tone was, he thought, gentle, but several people flinched.

“Jackson’s Whole.” Elena looked him straight in the eye, with much the steady gaze of a zoologist about to dissect a specimen. A sudden lack of trust . . .

Jackson’s Whole. That tears it. “Bel Thorne? The Ariel? Taura? Within ten jumps of Jackson’s Whole?” Miles choked. “Dear God.”

“But if you’re you,” said Truzillo, “who was that three days ago?”

If you’re you,” said Elena darkly. The initiate crowd were all getting that same frowning look.

“You see,” Miles explained in a hollow voice to the What-the-hell-are-they-talking-about? portion of the room, “some people have an evil twin. I am not so lucky. What I have is an idiot twin.”

“Your clone,” said Elena Bothari-Jesek.

“My brother,” he corrected automatically.

“Little Mark Pierre,” said Quinn. “Oh . . . shit.”

 

« Où est-ce que j’ai dit que j’allais ? » demanda Miles. Sa voix, pensait-il, était douce, mais plusieurs personnes tressaillirent.

« Jackson’s Whole. » Elena le regarda droit dans les yeux, avec le regard assuré d’un zoologiste sur le point de disséquer un spécimen. Un manque soudain de confiance…

Jackson’s Whole. C’est le bouquet. « Bel Thorne ? L’Ariel ? Taura ? À moins de dix bonds de Jackson’s Whole ? dit Miles d’une voix étranglée. Mon Dieu.

– Mais si vous êtes vous, dit Truzillo, qui c’était, il y a trois jours ?

Si vous êtes vous », dit Elena d’un ton sinistre. Tous les initiés commençaient à froncer les sourcils.

« Vous savez, Miles expliqua d’une voix sourde à ceux qui se demandaient de quoi diable les autres parlaient, certaines personnes ont un mauvais jumeau. Je n’ai pas cette chance. Ce que moi j’ai, c’est un jumeau idiot.

– Votre clone, dit Elena Bothari-Jesek.

– Mon frère, corrigea-t-il automatiquement.

– Le petit Mark Pierre, dit Quinn. Oh, merde. »

oct 302010
 

Brothers in Arms in Miles Errant
[Un clone encombrant chez J'ai lu -- épuisé]
Lois McMaster Bujold
Baen
9780743435581
Paru en 2002.

Miles est coincé sur Terre à jongler avec Lord Lieutenant Vorkosigan et l’Amiral Naismith, quand un complot komarran complique encore les choses.

Pas un de mes romans préférés, mais il a le mérite de se passer sur Terre et de nous faire découvrir une culture encore importante à l’échelle galaxique, mais qui rappelle déjà Rome en pleine décadence.

Brothers in Arms voit aussi l’introduction de deux personnages d’importance : Mark, le clone de Miles, qui se débat avec des problèmes identitaires autrement plus importants que ceux de Miles, et Duv, le fils d’un terroriste komarran, aujourd’hui officier de la Sécurité Impériale.

Un roman un peu charnière, qui sert surtout à planter le décor de Mirror Dance.

Lire un court extrait »

The captain appeared to be having an internal struggle. “Just what is the relationship between the Dendarii Free Mercenary Fleet and Imperial Security, Lieutenant?” he finally said. There was something almost plaintive in his tone.

“Er . . . what do you know already, sir?”

Captain Galeni turned his hands palm-up. “I hadn’t even heard of them, except peripherally, until you made contact by vid yesterday. My files—my Security files!—say exactly three things about the organization. They are not to be attacked, any requests for emergency assistance should be met with all due speed, and for further information I must apply to Sector Two Security Headquarters.”

“Oh, yeah,” said Miles, “that’s right. This is only a Class III embassy, isn’t it. Um, well, the relationship is fairly simple. The Dendarii are kept on retainer for highly covert operations which are either out of Imperial Security’s range, or for which any direct, traceable connection with Barrayar would be politically embarrassing. Dagoola was both. Orders are passed from the General Staff, with the advice and consent of the Emperor, through Chief of Imperial Security Illyan to me. It’s a very short chain of command. I’m the go-between, supposedly the sole connection. I leave Imperial HQ as Lieutenant Vorkosigan, and pop up—wherever—as Admiral Naismith, waving a new contract. We go do whatever we’ve been assigned to do, and then, from the Dendarii point of view, I vanish as mysteriously as I came. God knows what they think I do in my spare time.”

“Do you really want to know?” Elli asked, her eyes alight.

“Later,” he muttered out of the corner of his mouth.

 

Le capitaine sembla débattre intérieurement.

« Quelle est la relation exacte entre la Flotte Mercenaire Libre Dendarii et la Sécurité Impériale, Lieutenant ? » il finit par demander. Son ton était presque plaintif.

« Euh… Qu’est-ce que vous savez déjà, mon capitaine ? »

Le Capitaine Galeni ouvrit les mains.

« Je n’en avais jamais entendu parler, même en passant, jusqu’à ce que vous nous contactiez par vid hier. Mes dossiers — mes dossiers de la Sécurité ! — disent très exactement trois choses à propos de l’organisation. Nous ne devons pas les attaquer, nous devons répondre aux demandes d’aide urgentes le plus vite possible, et pour plus d’information, je dois m’adresser au QG du Secteur Deux de la Sécurité.

– Ah, ouais, dit Miles, c’est vrai. C’est une ambassade de Classe III, c’est ça ? Euh, et bien, la relation est plutôt simple. Les Dendarii sont gardés à disposition pour des opérations hautement classifiés qui sont soit hors de portée de la Sécurité Impériale, soit pour lesquelles une connexion directe, traçable avec Barrayar serait embarrassante politiquement. Dagoola était les deux. Les ordres me viennent de l’État-Major, avec le conseil et le consentement de l’Empereur, via le Chef de la Sécurité Impériale Ilyan. C’est une chaîne de commandement très courte; Je suis l’intermédiaire, normalement la seule connexion. Je quitte le QG impérial en tant que Lieutenant Vorkosigan, et j’apparais — n’importe où — en tant qu’Amiral Naismith, avec un nouveau contrat. Nous allons faire ce qu’on nous a dit de faire, et puis, du point de vue des Dendarii, je disparais aussi mystérieusement que je suis apparu. Dieu seul sait ce qu’ils pensent de ce que je fais de mon temps libre.

– Tu tiens vraiment à le savoir ? demanda Ellie, les yeux brillants.

– Plus tard », il murmura du coin des lèvres.

oct 102010
 

The Borders of Infinity in Miles Errant
[« Les Frontières de l'infini » in Les Frontières de l'infini chez J'ai lu]
Lois McMaster Bujold
Baen
9780743435581
Paru en 2002.

Miles devait faire s’échapper un homme de prison. Il décide d’en délivrer dix mille de plus.

Un autre très, très bon texte, qui montre en quelques pages toutes les qualités de Miles. Rien qu’avec la force de sa personnalité, Miles parvient à discipliner dix mille prisonniers de guerre et à les arracher au désespoir. Encore une fois, on peut voir l’influence lawrencienne dans sa capacité à demander (et obtenir !) de ses hommes le meilleur d’eux-mêmes.

La nouvelle est disponible gratuitement et dans son intégralité en anglais sur le Baen Free Library.

Lire un court extrait »

Oliver made a quick calculation in the dirt with his finger for a stylus. “That’ll put about fifty in each group—ought to be enough . . . matter of fact, what say we set up twenty groups? It’ll speed distribution when we get the lines set up. Could make the difference between bringing this off, and not.”

“No,” Miles cut in quickly as Tris began to nod agreement. “It has to be fourteen. Fourteen battle groups make fourteen lines for fourteen piles. Fourteen is—is a theologically significant number,” he added as they stared doubtfully at him.

“Why?” asked Tris.

“For the fourteen apostles,” Miles intoned, tenting his hands piously.

Tris shrugged. Suegar scratched his head, started to speak—Miles speared him with a baleful glance, and he stilled.

Oliver eyed him narrowly. “Huh.” But he did not argue further.

 

Oliver posa rapidement l’opération dans la poussière, utilisant son doigt comme crayon.

– Ça fera environ cinquante par groupe — ça devrait aller… en fait, si on faisait vingt groupes ? Ça accélérerait la distribution quand on forme les queues. Ça pourrait faire la différence entre la réussite et l’échec.

– Non, coupa Miles rapidement alors que Tris commençait à hocher la tête. Il faut qu’il y en ait quatorze. Quatorze bataillons font quatorze queues pour quatorze piles. Quatorze, c’est… c’est un chiffre théologiquement important, ajouta-t-il alors qu’ils le regardaient dubitativement.

– Pourquoi ? demanda Tris.

– Pour les quatorze apôtres, entonna Miles, joignant ses mains pieusement.

Tris haussa les épaules. Suegar se gratta la tête, commença à parler ; Miles le transperça d’un regard menançant, et il se figea.

Oliver fronça les sourcils et grogna. Mais il ne fit pas plus d’objections.

sept 192010
 

Ethan of Athos in Young Miles
[« Le Labyrinthe » in Les Frontières de l'infini chez J'ai lu]
Lois McMaster Bujold
Baen
9780743436182
Paru en 2003.

Jackson’s Whole, où tout se vend et tout s’achète, et où les vrais monstres ne sont pas ceux que l’on croit.

Et une dernière culture, celle de Jackson’s Whole. Labyrinth étant une nouvelle, on n’en voit qu’un aperçu, mais qui donne déjà une bonne idée de ce qui s’y passe. Jackson’s Whole, c’est le capitalisme poussé à l’extrême, où tout est possible pourvu d’avoir les moyens de se l’offrir.

Encore une fois, Bujold nous montre son talent pour croquer un personnage en quelques lignes, que ce soit les différents Barons, ou Taura, une autre de mes personnages préférés.

Lire un court extrait »

Miles contemplated the image of the globe glowing above the vid plate, crossed his arms, and stifled queasiness. The planet of Jackson’s Whole, glittering, wealthy, corrupt . . . Jacksonians claimed their corruption was entirely imported—if the galaxy were willing to pay for virtue what it paid for vice, the place would be a pilgrimage shrine. In Miles’s view this seemed rather like debating which was superior, maggots or the rotten meat they fed off. Still, if Jackson’s Whole didn’t exist, the galaxy would probably have had to invent it. Its neighbors might feign horror, but they wouldn’t permit the place to exist if they didn’t find it a secretly useful interface with the sub-economy.

 

Miles contemplait l’image du globe brillant au-dessus de plateau vidéo. Il croisa les bras, et fit taire son appréhension. La planète de Jackson’s Whole, étincelante, riche, corrompue… Les Jacksoniens affirmaient que leur corruption était entièrement importée : si la galaxie payait pour la vertu ce qu’elle payait pour le vice, ce serait un lieu de pèlerinage. Pour Miles, c’était comme d’essayer de déterminer ce qui était supérieur : les asticots, ou la viande pourrie dont ils se nourrissaient. Cela dit, si Jackson’s Whole n’existait pas, la galaxie devrait probablement l’inventer. Ses voisins pouvaient feindre l’horreur, mais ils ne tolèreraient pas l’endroit s’ils ne le considéraient pas comme une interface utile avec le monde du crime.