juil 012009
 

Le Cinquième Évangile
[The Fire Gospel]
Michel Faber
Éditions de l’Olivier
9782879296685
Paru en juin 2009.

Un spécialiste de l’araméen, Theo Grippenkerl, tombe par hasard sur un document écrit par un homme qui a connu Jésus, un document qui décrit le Fils de Dieu comme un être humain, donc faillible. L’arrogance et la cupidité le pousse à publier ce texte. Malheureusement, ce cinquième évangile n’est pas du goût de tout le monde, et la situation ne tarde pas à échapper au contrôle de Theo.

Le héros est dégoulinant de sarcasme et de suffisance, absolument imbuvable. Le Cinquième Évangile est aussi une satire féroce à la fois du milieu de l’édition et des extrémismes religieux en tout genre, tout en proposant un début de réflexion sur la place de la religion dans le monde actuel, ainsi que sur la part humaine de Jésus.

Caveat lector, le ton est souvent très cru, glissant parfois dans le scatologique. Mais ne vous laissez pas arrêter par ces détails, et lisez ce livre !

Lire un court extrait »

Theo soupira. Il était habitué à ces dénégations. Elles étaient comme des talismans incantatoires à l’adresse d’éventuelles oreilles indiscrètes, au cas où quelqu’un envisagerait une nouvelle razzia. Pour permettre à un visiteur de découvrir quels trésors avaient été sauvés, quelles pièces avaient été mises à l’abri quelque part dans une cave, ou préventivement cachées chez eux par des membres de l’équipe du musée, il était nécessaire de gagner la confiance du conservateur, ce qui demanderait des heures de conversation autour d’un repas copieusement arrosé ; la vérité émergerait alors, objet après objet, et Theo pourrait enfin réitérer l’offre généreuse de l’Institut. Il ignorait s’il aurait la patienc de supporter tant de salamalexs. D’abord, il essayait de maigrir, et un bon gros repas arabe composé d’une dizaine de plats ruinerait tous ses efforts pour perdre du ventre. De plus, il n’était pas particulièrement enclin à établir des liens conviviaux avec ses semblables à ce moment précis. Sa petite amie l’avait appelé sur son portable trois quarts d’heure plus tôt pour lui annoncer qu’elle avait besoin de solitude afin de faire le tri dans ses priorités. Sa principale priorité, suspectait-il, étant un beau et vigoureux photographe animalier prénommé Robert.