oct 262010
 

Maudit soit le fleuve du temps
[Jeg forbanner tidens elv]
Per Petterson
Gallimard
9782070124916
Paru en septembre 2010.

Quand elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer, une femme retourne dans le pays où elle est née, bientôt rejointe par son fils en instance de divorce.

Maudit soit le fleuve du temps fait partie de ces livres que je referme en me disant : « Certes, mais encore ? » Je suis donc restée sur ma faim.

Lire un court extrait »

Debout dans l’embrasure de la porte, mon père tenait une sacoche semblable à celle que j’utilisais pour aller au collège, quand c’était la mode de se trimbaler avec des sacoches. Il est d’ailleurs possible que mon père ait récupéré la mienne, ce qui veut dire que la sacoche en question avait plus de vingt-cinq ans.

– Je m’en vais dès aujourd’hui, dit ma mère.

– Où ça ?

– Je retourne chez moi.

– Chez toi ? Dès aujourd’hui ? Il faudrait peut-être qu’on en discute d’abord. Que tu me laisses le temps de réfléchir.

– Il n’y a rien à discuter. J’ai pris mon billet. Je viens de recevoir une lettre de l’hôpital d’Aker. J’ai un cancer.

– Tu as un cancer ?

– Oui. Un cancer de l’estomac. C’est pour ça que je retourne chez moi.

Elle continuait à dire « chez moi » en parlant du Danemark et de sa ville natale, à l’extrême nord du pays, alors qu’elle vivait en Norvège, à Oslo, depuis près de quarante ans.

– Et tu veux partir seule ?

– Oui. Je préfère.