avr 152010
 

La chambre des vies oubliées
[The Room of Lost Things]
Stella Duffy
Grasset
9782246745419
Paru en 2010.

Robert est âgé d’une soixantaine d’années et cherche quelqu’un ppour reprendre son pressing. Le seul candidat qui se présente est Akeel, d’origine pakistanaise. Ils vont travailler ensemble pendant un an, d’abord un peu gênés, sans trop savoir par quel bout se prendre, puis vont devenir amis. Autour d’eux et du pressing gravitent toute une galerie de personnages hauts en couleurs.

La Chambre des vies oubliées est une très belle tranche de vie londonienne. En fait, le roman capture tellement bien l’atmosphère du quartier de Southwark que ça m’en a donné envie de retourner à Londres.

Les personnages sont très attachants, croqués en quelques traits, mais sans tomber dans la caricature, et montrent parfaitement le multiculturalisme de ce quartier londonien.

Seul les romans policiers de Stella Duffy avaient déjà été publiés en français ; j’espère que La Chambre des vies oubliées inaugure la parution de ses autres romans.

Lire un court extrait »

Lorsque Robert a passé son annonce dans le South London Press, en décembre, il ne s’attendait pas à une avalanche de réponses. Et à vrai dire, il ne le souhaitait pas. C’était un premier pas. Un premier pas vers les adieux, un premier pas vers le départ ; il n’était pas près et ne le serait pas avant un petit moment, l’annonce était un début. Robert a toujours été un homme réfléchi et méliculeux — lent selon les uns, attentif et déterminé selon les autres. Il n’a jamais promis de nettoyer un costume en moins de deux heures. Ce n’est pas possible, pas si on veut faire du bon travail. D’autres teinturiers vous promettront peut-être la lune, ou de vous rendre avant midi un costume déposé le matin, Robert Sutton, lui, ne promet jamais que ce qu’il est capable de faire. Pas plus, et certainement pas moins. Un homme prudent qui réfléchit longtemps et sérieusement avant d’agir, car il sait trop bien que tout acte a des conséquences. Il ne s’attendait donc pas à être enseveli sous les réponses et, comme il voulait prendre son temps, il ne le désirait pas non plus. En fait, il n’en a reçu qu’une.