juil 102011
 

Les Lunettes de Heidegger
[Heidegger's Glasses]
Thaisa Frank
Michel Lafon
9782749914015
Paru en 2011.

Un groupe de Juifs polyglottes est chargé par Goebbels de répondre aux dernières lettres de ceux envoyés dans les camps. Mais une lettre adressée par le philosophe Martin Heidegger à Asher Englehardt, son optométriste juif, sème la zizanie.

J’ai lu ce livre jusqu’au bout, mais je ne l’ai pas du tout aimé. Le style est bourré de clichés et l’intrigue extrêmement confuse, confinant au ridicule.

Les prémices étaient prometteuses, mais l’exécution n’est pas à la hauteur. Dommage.

Lire un court extrait »

Ces missives faisaient partie intégrante de la Briefaktion (l’Opération Courrier), où l’on obligeait les prisonniers à écrire à leurs familles en vantant les conditions de vie dans les camps et les ghettos. Les lettres étaient transmises à l’Association des juifs à Berlin, afin que nul ne connaisse leur provenance.

Le but consistait à camoufler le fait que la plupart de ces personnes allaient être tuées, et à encourager les parents à se présenter de leur plein gré aux camps. Toutefois, l’acheminement du courrier fonctionnait mal et de nombreuses familles avaient été déportées, après avoir elles-mêmes été forcées d’écrire des lettres. Si bien que des milliers de missives furent réexpédiées à Berlin.

Himmler avait interdit de les brûler, car il croyait en des forces surnaturelles vengeresses. Selon lui, si les défunts savaient que leurs lettres étaient détruites, ils harcèleraient les médiums pour obtenir des réponses… et la Solution finale finirait par être exposée au grand jour. Goebbels, qui exécrait les sciences occultes, refusait de brûler le courrier pour une raison différente. Il souhaitait qu’on réponde à chaque lettre en vue de conserver des archives, lesquelles éviteraient toute controverse après la guerre. Afin de donner un caractère authentique à l’entreprise, il décida que chaque réponse serait rédigée dans la langue d’origine. D’où la devise du Cantonnement : « Répondre tel quel. » Les SS visitèrent les camps de déportés, afin d’y dénicher les meilleurs polyglottes et les gens les plus instruits pour en faire des scribes.