juin 062011
 

Orages ordinaires
[Ordinary Thunderstorms]
William Boyd
Points
9782757822746
Paru en 2011.

Adam Kinkred voulait aider un homme qu’il venait de rencontrer, et le voilà principal suspect d’un meurtre. Pour échapper à la fois à la police et à ceux qui ont commandité le meurtre, il va devoir se perdre dans les bas-fonds de Londres.

Je ne suis pas sûre pourquoi le Seuil a classé Orages ordinaires en littérature générale, parce que c’est très clairement un thriller.

Adam m’a d’abord exaspérée en prenant décision stupide sur décision stupide et en montrant une naïveté difficile à croire pour un homme de son âge, mais ça s’est calmé par la suite. Le scénario est difficilement plausible, mais le suspence est rondement mené et on passe un très bon moment.

Lire un court extrait »

Commençons avec le fleuve — toute chose commence avec le fleuve et nous y finirons, sans doute –, mais attendons de voir comment ça se passe. Bientôt, d’une minute à l’autre, un jeune homme va venir se poster au bord de l’eau, ici, au pont de Chelsea, à Londres.

Tiens, le voilà qui descend avec une certaine hésitation d’un taxi ; il règle le chauffeur, regarde machinalement autour de lui, jette un coup d’œil vers l’eau claire (la marée monte et le niveau du fleuve est inhabituellement haut). C’est un grand jeune homme au teint pâle, la trentaine, des traits réguliers, les yeux battus, les cheveux noirs coupés court, rasé de frais comme s’il sortait de chez le barbier. Il est nouveau dans la ville, un étranger, et il s’appelle Adam Kindred. Il sort d’un entretien d’embauche et il a eu envie de voir le fleuve (l’entretien ayant été la rencontre tendue classique, avec un gros enjeu) répondant à un vague désir de « prendre un peu l’air » comme s’il avait le projet de gagner la côte. Le récent entretien explique pourquoi, sous son imperméable coûteux, il porte un trois pièces gris foncé, une cravate marron, une chemise blanche neuve, et pourquoi il trimballe un superbe et solide attaché-case noir avec grosse serrure et cornières en cuivre. Il traverse la route, sans soupçonner à quel point, dans les heures qui viennent, sa vie va changer — du tout au tout, irrévocablement, sans qu’il en ait le moindre soupçon.