sept 242011
 

Le Palais de mémoire
Élise Fontenaille
Calmann-Lévy
9782702142431
Paru en 2011.

1720 à Pékin. Un Jésuite enseigne l’ars memoriae à un jeune prince mandchou, et s’éprend de son élève.

Le Palais de mémoire se lit comme une enfilade de clichés sur la Chine du XVIIIe siècle, à peine plus évolués que ceux que l’on peut trouver dans la littérature de l’époque. Le dîner avec Dame Zhou, notamment, joue sur de vieux préjugés racistes sans même avoir l’« excuse » du second degré ou de la critique.

Au vu des défauts précédents, les anachronismes ne sont que la cerise sur le gâteau, mais franchement, un Jésuite du début du XVIIIe qui cite Nerval, Beaumarchais et Marx ?!

Grosse déception.

[Pas d'extrait pour celui-ci, parce que j'ai oublié d'en recopier un avant de rendre ma copie. Désolée !]

août 052011
 

La Question finkler
[The Finkler Question]
Howard Jacobson
Calmann-Levy
9782702142479
À paraître en septembre 2011.

Julian Treslove, loser and goy, est aggressé, volé et insulté. Il n’est pas complètement sûr de ce qu’il a entendu, mais il lui semble bien qu’on l’a traité de youpin. En fait, plus il y pense et plus il en est sûr. Se pourrait-il que son aggresseur ait vu en lui une judaïté dont il n’avait pas conscience ? Treslove se passionne pour sa nouvelle religion…

Grosse déception. Je m’attendais à beaucoup aimer ce livre, après avoir rencontré et apprécié l’auteur, mais après quatre jours à procrastiner pour ne pas le rouvrir, j’ai dû me rendre à l’évidence et je l’ai abandonné. Je n’ai pas vraiment accroché à l’humour du livre, même si certaines réflexions étaient plutôt fines et amusantes. Le sujet ferait un très bon sketch d’humoriste ; je ne suis pas sûre qu’il y ait suffisamment de matière pour un livre.

Lire un court extrait »

En réalité, les gens qui voient venir onnt une notion erronée du temps. Toutes les horloges de Treslove déraillaient. À peine apercevait-il une femme qu’il devinait la suite : la demande en mariage — acceptée —, le foyer qu’ils fondaient, les opulentes tentures de soie où filtrait une lumière mauve, les draps qui bouillonnaient comme des nuages, le ruban de fumée odorante s’échappant de la cheminée — évidemment toute fendillée —, le motif des tuiles pourpres, les pignons et les mansardes, son bonheur, son avenir. Tout cela l’écrabouillait dès le premier regard.

Elle ne le quittait pas pour un autre homme, elle ne se lassait pas de lui et de leur vie commune, elle trépassait, incarnation parfaite d’un rêve d’amour tragique, dévorée de consomption, l’œil humide, en lui lançant en guise d’adieu une phrase piquée à un opéra italien bien connu.

Il n’y avait pas d’enfants. Les enfants, cela gâchait l’histoire.

Entre les réverbères sournois et les chutes d’objet, Treslove se surprenait parfois à répéter les dernières paroles qu’il prononcerait — également empruntées à des opéras italiens bien connus — comme si les cordes du temps s’étaient rétractées en lui broyant le cœur et qu’elle était morte avant de l’avoir rencontré.

Pour lui, il y avait quelque chose d’exquis à la perspective d’étreindre une femme aimée qui rend son dernier soupir. Parfois, il s’imaginait mourir dans ses bras, mais c’était mieux quand elle expirait dans les siens. C’est ainsi qu’il avait la certitude d’être amoureux : aucun pressentiment de trépas ni de demande en mariage ne venait l’effleurer.

Telle était la poésie de son existence. Dans la réalité, les femmes le plaquaient en l’accusant d’étouffer leur créativité.