sept 292010
 

Léa
[Lea]
Pascal Mercier
Libella – Maren Sell
9782355800115
Paru en août 2010.

Un homme confie à un étranger la passion dévorante et destructrice de sa fille pour le violon.

J’ai failli ne pas finir le livre tant je me suis ennuyée. L’intrigue était suffisamment convenue pour que la fin soit évidente dès le début.

Beaucoup de personnes m’avaient conseillé Train de nuit pour Lisbonne, mais après cet échec retentissant, je ne suis pas sûre de me laisser tenter.

Lire un court extrait »

Loyola — ainsi l’appelions-nous plus tard, comme s’il s’agissait d’une vieille amie — jouait la Partita en mi majeur de Bach. À ce moment, je ne le savais pas ; jusqu’alors, je n’avais jamais pris la musique très au sérieux. Cécile m’avait bien trainé à quelques concerts, mais j’étais la parfaite caricature du spécialiste borné, un vrai béotien. Ce fut ma petite fille qui m’introduisit la première dans l’univers de la musique, et avec mon esprit aussi méthodique, aussi réglé qu’un métronome, mon esprit de scientifique, j’appris tout sur le sujet, sans savoir si j’aimais la musique qu’elle jouait parce qu’elle me faisait plaisir, ou seulement parce qu’elle semblait participer au bonheur de Léa. La Partita de Bach qu’elle devait jouer plus tard avec tant de brio et de profondeur, comme personne d’autre — uniquement à mes oreilles, je le sais —, je la connais aujourd’hui aussi bien que si je l’avais écrite moi-même. Si seulement je pouvais l’effacer de ma mémoire.