fév 152011
 

Un immense asile de fous
[Notwithstanding]
Louis de Bernières
Mercure de France
9782751230644
Paru en janvier 2011.

Notwithstanding est un petit village du Surrey, dans la campagne anglaise, et ses habitants sont très, très anglais…

Un immense asile de fous n’est pas réellement un roman, mais plutôt une collection de nouvelles connectées entre elles, ayant les habitants d’un charmant petit village anglais comme point commun. Ces habitants tendent à être complètement excentriques comme seuls les Anglais peuvent l’être.

Le livre est d’une drôlerie teintée de nostalgie pour une époque révolue, et le thème de la mort n’est jamais très loin.

Un régal !

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À la place, je l’ai dressé à récupérer les balles de golf, et c’est pourquoi j’en ai cinq sacs dans le placard sous l’escalier. Je l’ai emmené au neuf trous d’ici, création sommaire d’un aristocrate propriétaire de la grande maison. Le parcours ressemblait à un champ de bataille de la Première Guerre mondiale en ce qu’il était boueux et percé de trous pleins d’eau ; les lapins grattaient les greens et les moutons paissaient sur le rough. Un par 3 était conçu de telle manière qu’il fallait envoyer la balle par-dessus le toit de la grande maison. Les fenêtres devaient être munies de volets d’acier les jours de jeux. Si vous ratiez votre coup, la balle pouvait ricocher au-dessus de votre tête et tomber dans la petite mare derrière le tee, ou encore vous deviez passer derrière la maison par petits coups successifs en évitant les paons et les statues de filles nues sans bras. Le mieux que j’aie fait avec ce trou a été un birdie et le pire, 48, sans compter la balle qui est restée coincée dans la gueule de la gargouille de l’aile gauche de la maison.

mar 302010
 

Une bonne épouse indienne
[A Good Indian Wife]
Anne Cherian
Mercure de France
9782715228917
Paru en janvier 2010.

Neel est un brillant médecin américain. Mais son vrai nom est Suneel, sa famille est indienne, et estime qu’à 35 ans, il est largement en âge de se marier. À la suite d’un voyage en Inde, il se retrouve marié contre son gré. Neel a bien l’intention de continuer sa vie comme il l’entend et notamment de garder sa maîtresse américaine, blonde et libérée. Mais Leila, pour être douce et réservée, n’en a pas moins une volonté de fer, et va s’insinuer dans sa vie sans qu’il s’en rende compte.

Je m’étais dit que j’allai lire un chapitre ou deux avant de me coucher, et j’ai fini par éteindre à deux heures du matin, après avoir dévoré les 450 pages d’Une bonne épouse indienne.

C’est rafraîchissant d’avoir un héroïne qui ne se rebelle pas contre les mariages arrangés, qui au contraire les accepte comme normaux, et fasse ensuite sa vie selon ces paramètres. J’ai beaucoup aimé aussi la description du problème de l’immigré qui est changé par les mœurs du pays où il habite : il n’est plus tout à fait chez lui dans son pays d’origine, mais n’est jamais non plus tout à fait chez lui dans son pays d’accueil.

Un gros bémol cependant en ce qui concerne la traduction, qui est truffée de notes de bas de page. La traductrice est visiblement de l’école « explication » alors que je suis de l’école « adaptation », et il y a peu de choses qui m’ennuient autant que d’être sortie d’un texte par une note explicative quand une adaptation de l’allusion culturelle ou du jeu de mots aurait rendu la traduction bien plus fluide.

Une auteure à surveiller !

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— Ton grand-père… », reprit Tante Vimla. Elle jeta un coup d’œil à Tattappa et s’empressa d’ajouter : « Et ta mère et ton père aussi, nous aimerions tous te voir marié. Donc, avec l’aide de ta mère, j’ai pris quelques dispositions pour toi. De bonnes dispositions. Des filles exceptionnelles. Tu n’auras qu’à t’asseoir et à regarder. Si l’une d’elles te plaît, tu t’assieds à nouveau pour te marier. C’est aussi simple que cela.