nov 162010
 

Le chat qui venait du ciel
[猫の客]
Hiraide Tikashi
Philippe Picquier
9782877308717
Paru en 2006.

Le narrateur et sa femme tombent sous le charme du chat de leurs voisins.

Un petit bijou de poésie, avec cette sensibilité toute japonaise qui découvre de la beauté dans les détails même les plus prosaïques.

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Ce Chibi était une merveille : la robe blanche parsemée de taches rondes d’un gris noir légèrement nuancé de marron clair comme il est fréquent d’en voir au Japon, il était mince et élancé, et réellement tout petit.

Ce qui le différenciait des autres chats, c’était précisément son extrême minceur, si petit et si frêle qu’on remarquait tout de suite ses oreilles pointues et mobiles à l’extrême. En dehors de cette particularité, on se rendait compte immédiatement qu’il n’était pas du genre à se frotter aux jambes d’un humain. J’ai d’abord cru que s’il ne s’approchait pas de moi, c’était parce que je n’avais pas l’habitude des chats, mais il n’en était rien. Une fillette s’était accroupie dans le passage de l’Éclair pour l’observer, il n’a pas cherché à fuir, mais à l’instant où elle faisait mine d’approcher, il l’a esquivée avec une vivacité presque coupante. J’ai senti briller dans ce refuss un éclat pâle et froid.

oct 272010
 

Mangue amère
[Eating Women, Telling Tales]
Bulbul Sharma
Philippe Picquier
9782809702002
Paru en septembre 2010.

À l’occasion de la commémoration du décès d’un homme, les femmes réunies pour préparer le repas se racontent des histoires.

Mangue amère donne un aperçu rarement idyllique, mais toujours intéressant, de la condition des femmes en Inde.

Les descriptions de nourriture sont très évocatrices et j’ai refermé le livre en me disant qu’il fallait absolument que je trouve un restaurant indien.

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Les femmes savaient qu’une histoire allait commencer et s’installèrent pour écouter. Elles étendirent leurs jambes pour être plus à l’aise, sans pour autant cesser de découper et de nettoyer. C’était la première histoire de la matinée et elles espéraient toutes qu’elle ne serait pas trop triste. Plus tard il y en aurait des tristes, des douces, d’amères et de furieuses. Chaque femme raconterait la sienne. Cinq histoires pendant qu’elles découpaient les légumes, une pendant qu’elles décortiqueraient le riz, et peut-être deux pendant qu’elles remueraient le beurre clarifié. Il y avait parfois assez de temps pour une dernière après le repas, quand toute la maison était endormie. Personne ne pouvait savoir avec certitude combien d’histoires une journée pouvait renfermer.