oct 012010
 

De lait et de miel
Jean Mattern
Sabine Wespieser
9782848050867
Paru en août 2010.

Un vieil homme revient sur sa vie, son ami d’enfance en Hongrie, son expérience de la Deuxième guerre mondiale, son immigration en France, son mariage avec une autre émigrée hongroise ayant fui après l’Insurrection de Budapest.

J’ai trouvé l’aspect historique du roman modérément intéressant, et j’ai trouvé l’amitié avec Stefan largement plus satisfaisante émotionnellement que le mariage avec Suzanne.

Pas mauvais, juste pas mon truc.

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L’idée d’habiter dans une rue appelée Ocean’s Drive, quand on est né à Timisoara, me paraît incongrue. Notre vieux professeur de géographie, M. Szerb, aurait-il seulement pu nous indiquer Honolulu sur une des vieilles cartes du temps de la double monarchie dont il disposait au lycée de Timisoara ? Avions-nous idée, à treize ans, que l’on pouvait finir sa vie sur une île américaine appelée Hawaï ? Mon acte de décès comportera pourtant la même mention que celui qu’on remplira un jour pour lui : Né à Timisoara. Alors Bar-sur-Aube ou Honolulu, Hawaï, c’est peut-être du pareil au même.

mai 282010
 

L’art de pleurer en choeur
[Kunsten at græde i kor]
Erling Jepsen
Sabine Wespieser
9782848050829
Paru en avril 2010.

Le jeune narrateur remarque que chaque fois que son père fait une oraison funèbre, ses affaires vont mieux et toute leur vie de famille s’en ressent.

À lire la quatrième de couverture, on pourrait s’attendre à un livre drôle et léger. Pas du tout ! En fait, L’Art de pleurer en chœur est extrêmement glauque et malsain : on est dans une petite communauté rurale des années 60 où les ragots vont bon train, dans une famille où les taloches partent pour un rien, et où la jeune sœur du narrateur « rejoint leur père quand il dort sur le canapé ».

Je n’ai pas vraiment aimé ce livre, d’autant qu’il n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais. La voix narratrice du garçon de 10 ans qui observe son entourage sans forcément comprendre de quoi il retourne était plutôt réussie, cela dit.

Pas forcément un mauvais livre, mais bien plus noir qu’il n’y paraît.

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On frappe à la porte, et maman va ouvrir. C’est Mette, ma
camarade de jeux.

« Vous avez la télévision ? demande-t-elle. Je peux la voir ?

– Bien sûr que tu peux la voir », dit maman, mais moi je me
glisse entre les deux et je pousse Mette. Je lui dis :

« Non, tu ne peux pas, c’est une télévision de merde !

– Elle est déjà en panne ?

– Mais non elle n’est pas en panne », dit maman. Et elle amène Mette dans le salon.

« Il ment alors ? »

Je la pousse encore une fois, pourquoi est-ce qu’elle ne rentre pas tout simplement chez elle ? Mais maman dit que je suis injuste, j’ai passé toute l’année dernière à aller chez les parents de Mette pour regarder la télévision, et ils ne m’ont jamais dit non. Maman a raison ; pour ça ils sont gentils de l’autre côté de la rue. Je dois juste penser à dire : « Au revoir et merci de m’avoir laissé regarder la télévision », avant de partir, et ça c’est plutôt facile. Maintenant je le dis tellement vite que personne ne comprend ce que je dis : « Aurevoiretmercidem’avoirlaisséregarderlatélévision. » Alors, ils se retournent et ils disent : « Qu’est-ce que tu dis ? » Mais moi je suis déjà parti.