déc 302010
 

La Fameuse Invasion de la Sicile par les ours
[La famosa invasione degli orsi in Sicilia]
Dino Buzzati
Stock
9782234062214
Paru en 2010.

Le fils du roi des ours a été enlevé par les humains, et son père lève une armée pour le retrouver. Pendant plus de dix ans, il va régner à la fois sur les ours et sur les humains, sans se rendre compte que les ours adoptent les pires défauts des humains : la jalousie, le jeu, le vol, le mensonge, l’orgueil.

Un très belle fable, pour les plus grands comme pour les plus petits, joliment illustrée par l’auteur.

Comme souvent dans les fables, les animaux, leur pureté et leur innocence, sont utilisés pour souligner et contraster la faillibilité et les vices humains.

Adorable !

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Mais les ours, et le Roi Léonce avec eux, ne connaissaient pas les hommes, leur méchanceté, leur malice ; ils ignoraient de quelles armes redoutables ils disposaient, quels pièges ils étaient capables de dresser pour s’emparer des bêtes. Les ours ne savaient pas, les ours n’avaient pas peur. Et ils décidèrent de quitter leurs montagne et de descendre vers la plaine.

avr 192010
 

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler
[Historia de una gaviota y del gato que le enseñó a volar]
Luis Sepúlveda
Métailié
9782864244905
Paru en 2004.

Avant de mourir, une mouette fait promettre à un chat qu’il protègera l’œuf qu’elle va pondre, le poussin qui va en sortir, et qu’il lui apprendra à voler. Zorba le chat embauche alors tous les chats du port de Hambourg pour l’aider dans sa tâche.

Un très, très beau conte initiatique, à mettre entre toutes les mains. C’est très court à lire, et ça vous met le sourire aux lèvres pour la semaine !

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Le soir du vingtième jour Zorbas somnolait et ne s’aperçut pas que l’œuf bougeait, légèrement, mais il bougeait, comme s’il voulait se mettre à rouler par terre.

Un chatouillement sur le ventre le réveilla. Il ouvrit les yeux et ne put s’empêcher de sauter en voyant que par une fente de l’œuf apparaissait et disparaissait une petite pointe jaune.

Zorbas prit l’œuf entre ses pattes de devant et vit comment le poussin donnait des coups de bec pour faire un trou par lequel sortir sa petite tête blanche et humide.

— Maman ! cria le poussin de mouette.

Zorbas ne sut que répondre. Il savait qu’il était noir mais il crut que la chaleur de l’émotion le transformait en un chat violet.

jan 222010
 

La Géante dans la barque de pierre et autres contes d’Islande
[Íslenzkar þjóðsögur og æfintýri]
Jón Árnason
José Corti
9782714308276
Paru en 2003.

Au XIXe siècle, sous l’impulsion des frères Grimm et de leurs Contes des enfants et de la maison, Jón Árnason collecta des douzaines de contes traditionnels islandais.

D’abord, un avertissement : ces contes ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Vous y trouverez du sang, de la violence, du sexe. Les méchants ou les stupides sont le plus souvent punis, et le plus souvent de manière définitive. ;-)

On trouve dans ce recueil des petits bijoux, allant d’un ou deux paragraphes (comme celui reproduit ci-dessous) à une dizaine de pages. Ils sont empreints de christianisme, mais le fond païen est encore très présent, avec elfes et trolls.

Une très belle collection, pour découvrir l’imaginaire islandais. Fascinant !

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Les Origines des elfes

Il arriva une fois que Dieu tout-puissant rendit visite à Adam et à Ève. Ils lui firent bon accueil et lui montrèrent tout ce qu’ils avaient dans leur maison. Ils lui montrèrent aussi leurs enfants, qu’il trouva très prometteurs. Il demanda à Ève q’ils n’avaient pas d’autres enfants que ceux qu’elle lui avait montrés. Elle répondit que non. Mais en réalité, elle n’avait pas fini de laver certains d’entre eux et elle avait honte de les faire voir à Dieu, c’est pourquoi elle les avait cachés. Dieu le savait et dit : « Ce qui doit m’être caché sera aussi caché aux hommes. » Ces enfants devinrent alors invisibles aux yeux des hommes et habitèrent les monts et les collines, les buttes et les pierres. Les elfes descendent d’eux, tandis que les hommes descendent de ceux qu’Ève montra à Dieu. Les humains ne peuvent jamais voir les elfes, à moins que ceux-ci le veuillent, car les elfes peuvent voir les hommes et se laisser voir d’eux.