juin 232011
 

The Eagle of the Ninth in The Eagle of the Ninth Chronicles
[L'Aigle de la Neuvième Légion chez Gallimard]
Rosemary Sutcliff
Oxford University Press
9780192789983
Paru en 2010.

Au IIe siècle après Jésus-Christ, un vétéran romain et son affranchi breton voyagent au-delà du Mur d’Hadrien pour retrouver l’emblème de la IXe Légion, perdu dix ans auparavant.

Un très bon roman d’aventure pour la jeunesse, qui n’a pas pris une ride depuis sa publication en 1954. Les personnages ont parfois une sensibilité plus XXe que IIe siècle, notamment en ce qui concerne l’esclavage, mais pas suffisamment pour gâcher la caractérisation.

Un très bon roman à découvrir dès dix ans.

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‘In my tribe, when a she-wolf with whelps is killed, we sometimes take the young ones to run with the dog-pack,’ Esca said. ‘If they are like this one, little, little, so that they remember nothing before; so that their first meat comes from their master’s hand.’

‘Is he hungry now?’ Marcus asked, as the cub’s muzzle poked and snuggled into his palm.

‘No, he is full of milk — and scraps. Sassticca will not miss them. See, he is half asleep already; that is why he is so gentle.’

The two of them looked at each other, half laughing; but the queer hot look was still in Esca’s eyes; while the cub crawled whimpering into the warm hollow of Marcus’s shoulder, and settled there. His breath smelled of onions, like a puppy.

‘How did you get him?’

‘We killed a she-wolf in milk, so I and two others went to look for the whelps. They killed the rest of the litter, those fools of the South, but this one, I saved. His sire came. They are good fathers, the wolf kind, fierce to protect their young. It was a fight: aie! a good fight.’

‘It was taking a hideous risk,’ Marcus said. ‘You should not have done it, Esca!’ He was half angry, half humbled, that Esca should have taken such a deadly risk to know what the hazard was in robbing a wolf’s lair while the sire still lived.

Esca seemed to draw back into himself on the instant. ‘I forgot it was my Master’s property that I risked,’ he said, his voice suddenly hard and heavy as stone.

‘Don’t be a fool,’ Marcus said quickly. ‘I didn’t mean that, and you know it.’

There was a long silence. The two young men looked at each other and there was no trace of laughter now in their faces.

 

– Dans ma tribu, quand une louve avec des petits est tuée, nous prenons parfois les jeunes pour courir avec la meute de chiens, dit Esca. S’ils sont comme celui-ci, petits, petits, et qu’ils ne se rappellent rien d’avant ; que leur premier morceau de viande vienne de la main de leur maître.

– A-t-il faim ? demanda Marcus, alors que le louveteau poussait et frottait son museau contre la paume de sa main.

– Non, il est plein de lait… et de restes. Ils ne manqueront pas à Sassticca. Regarde, il est déjà à moitié endormi. C’est pour cela qu’il est si gentil.

Les deux se regardèrent presque en riant, mais les yeux d’Esca avait toujours cette lueur bizarre alors que le louveteau s’installa en gémissant dans le creux de l’épaule de Marcus. Son haleine sentait l’oignon, comme celle d’un chiot.

– Comment l’as-tu eu ?

– Nous avions tué une louve qui allaitait, et moi et deux autres sommes allé chercher les petits. Ils ont tué le reste de la portée, ces idiots du sud, mais celui-ci, je l’ai sauvé. Son père est arrivé. Ils font de bons pères, les loups, féroces quand ils protègent leurs petits. C’était un sacré combat : oui ! un beau combat.

– C’était prendre un énorme risque, dit Marcus. Tu n’aurait pas dû, Esca !

Il était à la fois en colère et touché qu’Esca ait risqué sa vie en sachant ce qu’il pouvait arriver quand on volait une meute de loup alors que le père vivait encore.

Esca sembla se diminuer instantanément.

– J’ai oublié que c’était la propriété de mon Maître que je risquais, dit-il, sa voix soudain dure et pesante comme la pierre.

– Ne sois pas stupide, dit Marcus. Ce n’est pas ce que je voulais dire, et tu le sais.

Il y eut un long silence. Les deux jeunes gens se regardèrent, et il n’y avait plus trace de rire sur leurs visages.

jan 122011
 

Cryoburn
[Non traduit]
Lois McMaster Bujold
Baen
9781439133941
Paru en octobre 2010.

Miles est envoyé sur une planète où les morts ont autant d’importance que les vivants.

Encore une enquête plutôt policière dans le cadre d’une nouvelle culture. Kibou-daini préserve ses morts par cryo, en attendant de les ressusciter le jour où quelqu’un aura trouvé un remède au vieillissement.

La population de Kibou-daini est clairement issue en majorité de colons japonais, mais n’étant pas très familière avec la culture japonaise, je ne suis pas sure à quel point la culture de Kibou-daini en est dérivée, notamment cette obsession avec la mort.

Comme d’habitude chez Bujold, les personnages secondaires sont humains et trois-dimensionnels, notamment Jin, un jeune garçon obsédé par la ménagerie dont il s’occupe.

Un très bon cru.

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Vorlynkin said distantly, “You know, if you people would be more forthcoming, we could do our job of supporting you much better.”

The faint bitterness in the consul’s voice was more reassuring to Roic than the man could possibly imagine. It sounded quite like Vorlynkin had undergone some recent dealing with m’lord, one that he was loath to transmit over an unsecured comlink.

“Yes, sir,” said Roic, in a mollifying tone.

 

Vorlynkin dit avec raideur :

– Vous savez, si vous nous donniez plus d’informations, nous pourrions vous aider et faire notre travail beaucoup plus facilement.

Roif trouvait l’amertume dans la voix du consul plus rassurante que tout ce qu’il pouvait imaginer. Il semblait que Vorlynkin avait eu récemment affaire avec milord, dans des circonstances qu’il ne pouvait pas communiquer sur une ligne non sécurisée.

– Oui, monsieur, dit Roic sur un ton apaisant.

jan 032011
 

Diplomatic Immunity in Miles, Mutants and Microbes
[Immunité diplomatique chez J'ai lu -- épuisé]
Lois McMaster Bujold
Baen
9781416521419
Paru en 2007.

Miles est forcé d’interrompre sa lune de miel pour aller enquêter sur la disparition suspecte d’un officier.

Un solide roman, qu’on pourrait volontiers qualifier de plus policier que science-fiction, s’il n’était situé sur une colonie habitée par les « quaddies », des humains optimisés génétiquement pour l’apesanteur : ils ont quatre bras et pas de jambes. Comme souvent, Bujold explore les différences physiques et culturelles en détail.

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Miles considered Barrayaran marching bands. It wasn’t enough that humans did something so difficult as learning to play a musical instrument. Then they had to do it in groups. While walking around. In complicated patterns. And then they competed with one another to do it even better. Excellence, this kind of excellence, could never have any sane economic justification. It had to be done for the honor of one’s country, or one’s people, or the glory of God. For the joy of being human.

 

Miles pensa aux fanfares barrayaranes. Ce n’était pas suffisant que les humains fassent quelque chose d’aussi difficile qu’apprendre à jouer d’un instrument musique. Il fallait qu’ils le fassent en groupe. En marchant. En suivant des motifs compliqués. Et puis ils participaient à des concours pour voir qui le faisait le mieux. L’excellence, ce type d’excellence, ne pourrait jamais avoir de justification économique raisonnable. Il fallait le faire pour l’honneur de son pays, ou de son peuple, ou la gloire de Dieu. Pour célébrer son humanité.

déc 312010
 

Winter Fair Gifts in Miles in Love
[Pas traduit]
Lois McMaster Bujold
Baen
9781416555223
Paru en 2008.

Miles se marie, mais tout ne se passe pas comme prévu.

Pas, de loin, le meilleur texte de Bujold, mais l’utilisation du point de vue externe est toujours intéressante.

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The hulking figure unfolded from the groundcar and stood up, and up. Pym, who was almost as tall as Roic, did not come quite up to its shoulder. It shook out the swirling folds of a gray and white greatcoat of military cut, and threw back its head. The light from overhead caught the face and gleamed off . . . were those fangs , hooked over the out-slung lower jaw?

Sergeant Taura was the name that went with it, by process of elimination. One of m’lord’s old military buddies, Pym had given Roic to understand, and—don’t be fooled by the rank—of some particular importance (if rather mysterious, as was everything connected with Lord Miles Vorkosigan’s late career in Imperial Security.) Pym was former ImpSec himself. Roic was not, as he was reminded, oh, three times a day on average.

 

Une silhouette massive sortit de la voiture et se déplia. Pym, qui était presque aussi grand que Roic, ne lui arrivait pas tout à fait à l’épaule. La créature secoua les plis d’un manteau gris et blanc de coupe militaire, et rejeta sa tête en arrière. La lumière illumina son visage et fit briller… étaient-ce des crocs, visibles sur la mâchoire saillante ?

Par élimination, c’était là le sergent Taura. Un des anciens camarades de l’armée de milord, Pym avait fait comprendre à Roic, et — ne te laisse pas tromper par le rang — d’importance particulière (et plutôt mystérieuse, comme tout ce qui avait rapport à l’ancienne carrière de Lord Miles Vorkosigan dans la Sécurité Impériale.) Pym était lui-même un ancien de SécImp. Pas Roic, comme on le lui rappelait, oh, trois fois par jour en moyenne.

déc 302010
 

A Civil Campaign in Miles in Love
[Ekaterin chez J'ai lu -- épuisé]
Lois McMaster Bujold
Baen
9781416555223
Paru en 2008.

Miles fait la cour à Ekaterin comme un général conquerrait un pays. Ça ne se passe pas comme prévu.

A Civil Campaign est une comédie de mœurs assortie d’une intrigue romantique, dans la plus pure tradition de Jane Austen et Georgette Heyer, deux des dédicataires du livre. Certains passages basculent carrément dans la farce, notamment ce qui doit être le dîner le plus inconfortable et raté de toute l’histoire de la littérature.

On peut aussi y voir la vie politique barrayane, faite principalement de coups fourrés et de trafic d’influence. La section où Miles et ses amis se concertent pour savoir quels Comtes ils peuvent gagner à leur cause est particulièrement révélatrice.

Hilarant !

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He grimaced out the canopy. “I’ve sworn off falling in love with galactic women and then trying to persuade them to immigrate to Barrayar. I’ve concluded my only hope is to find a woman who can already stand Barrayar, and persuade her to like me.”

“And does Madame Vorsoisson like Barrayar?”

“About as well as I do.” He smiled grimly.

“And, ah . . . the second part?”

“We’ll see, Pym.” Or not, as the case may be. At least the spectacle of a man of thirty-plus, going courting seriously for the first time in his life–the first time in the Barrayaran style, anyway–promised to provide hours of entertainment for his interested staff.

 

Il grimaça en direction du plafond.

– J’ai décidé d’arrêter de tomber amoureux de femmes galactiques et d’essayer de les persuader d’émigrer sur Barrayar. Je suis parvenu à la conclusion que mon seul espoir était de trouver une femme qui peut déjà supporter Barrayar et la convaincre de m’aimer.

– Et est-ce que Madame Vorsoisson aime Barrayar ?

– À peu près autant que moi.

Son sourire était sinistre.

– Et, euh, la deuxième partie ?

– Nous verrons, Pym.

Ou pas, selon le cas. Au moins, le spectacle d’un homme d’une trentaine d’années, courtisant une femme sérieusement pour la première fois de sa vie — la première fois à la manière barrayarane, en tout cas — était sûr d’être une source considérable d’amusement pour son personnel.