déc 302010
 

Komarr in Miles in Love
[Komarr chez J'ai lu]
Lois McMaster Bujold
Baen
9781416555223
Paru en 2008.

Pour une de ses premières missions en tant qu’Auditeur impérial, Miles est envoyé sur la planète de Komarr. Ce qui semble n’être qu’un simple accident se révèle bien plus compliqué.

Malgré l’importance de Komarr tant dans la diplomatie interne de l’Empire de Barrayar que dans les intrigues des livres précédents, Komarr est le premier livre de la série à se passer sur cette planète. On y découvre une société bien différente de celle de Barrayar, qui s’adapte tant bien que mal à sa place dans l’Empire.

On rencontre aussi, entre autre nouveaux personnages, Ekaterin Vorsoisson, bien mal mariée, mais qui saura s’affirmer et faire émerger sa personnalité propre.

Pas le plus intéressant des romans, mais il introduit toute une galerie de personnages qui vont devenir extrêmement importants.

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He turned to Tien. “And how do you like Komarr, Administrator Vorsoisson?”

Tien grinned, and shrugged. “It’s all right except for the Komarrans. I’ve found them a damned touchy bunch.”

Vorkosigan’s brows twitched up. “Have they no sense of humor?”

Ekaterin glanced up warily, wincing at that dry edge in his drawling voice, but apparently it slipped past Tien, who only snorted. “They’re divided about equally between the greedy and the surly. Cheating Barrayarans is considered a patriotic duty.”

Vorkosigan raised his empty wineglass to Ekaterin. “And you, Madame Vorsoisson?”

She refilled it to the top before he could stop her, cautious of her reply. If her uncle was the technical expert in this Auditorial duo, did that leave Vorkosigan as the . . . political one? Who was really the senior member of the team? Had Tien caught any of the subtle flashing implications in the little lord’s speech? “It hasn’t been easy to make Komarran friends. Nikolai goes to a Barrayaran school. And I have no work as such.”

 

Il se tourna vers Tien.

– Que pensez-vous de Komarr, monsieur l’Administrateur ?

Tien sourit et haussa les épaules.

– Ça va, à part pour les Komarrans. Je trouve qu’ils sont sacrément susceptibles.

Vorkosigan haussa les sourcils.

– Ils n’ont pas le sens de l’humour ?

Ekaterin leva les yeux, méfiante, grimaçant à la dureté soudaine dans sa voix traînante, mais apparemment cela échappa à Tien, qui grogna seulement.

– Une moitié est cupide et l’autre revêche. Escroquer les Barrayarans est considéré comme un devoir patriotique.

Vorkosigan tendit son verre vide à Ekaterin.

– Et vous, Madame Vorsoisson ?

Elle le remplit jusqu’au bord avant qu’il puisse l’arrêter, réfléchissant à sa réponse. Si son oncle était l’expert technique dans ce duo Auditorial, est-ce que cela faisait de Vorkosigan l’expert… politique ? Qui était réellement le chef de l’équipe ? Est-ce que Tien avait compris les implications subtiles du discours du petit lord ?

– Ça n’a pas été facile de se faire des amis komarrans. Nikolai va dans une école barrayarane. Et je n’ai pas vraiment de travail.

déc 292010
 

Memory
[Memory chez J'ai lu]
Lois McMaster Bujold
Baen
9780671878450
Paru en 1996.

Miles récolte ce qu’il a semé dans Mirror Dance : sa mort a des conséquences dramatiques pour sa carrière. Forcé de rester sur Barrayar, il se retrouve bientôt mêlé à une attaque sur le chef de la Sécurité Impériale, Simon Illyan.

De tous les livres de la saga, Memory est probablement mon préféré. C’est un livre charnière, qui marque la fin de l’amiral Naismith et la renaissance de lord Vorkosigan.

Excellent.

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Miles wished he could delete the entire Blue Squad record from his report. Impractical, alas. Having the most interesting sequence missing would draw Illyan’s attention as surely as a signal fire on a mountaintop.

Of course, if he deleted the entire appendix, all the squad records, it would be camouflaged in the general absence. . . .

Miles considered what could replace Appendix C. He had written plenty of brief or vague mission synopses in the past, in the press of events or exhaustion. Due to a malfunction, the right-arm plasma arc in Suit #032 locked into the “on” position. In the several minutes of confusion surrounding correcting the malfunction, the subject was unfortunately hit by the plasma beam. . . . Not his fault, if the reader construed this as a malfunction in the suit and not its wearer.

No. He could not lie to Illyan. Not even in the passive voice.

I wouldn’t be lying. I’d just be editing my report for length.

It couldn’t be done. He’d be sure to miss some tiny corroborative detail in one of the other files, and Illyan’s analysts would pick it up, and then he’d be in ten times the trouble.

Not that there was that much in the other sections pertinent to this brief incident. It wouldn’t be that hard to run over the whole report.

This is a bad idea.

 

Miles aurait voulu pouvoir supprimer la totalité des enregistrements du Groupe Bleu de son rapport. Infaisable, hélas. Ne pas avoir la séquence la plus intéressante attirerait l’attention d’Illyan aussi surement qu’un signal de fumée en haut d’une montagne.

Bien sûr, s’il supprimait tout l’appendice, tous les enregistrements des groupes, ça serait camouflé par l’absence générale d’informations…

Miles réfléchit à ce qui pourrait remplacer l’Appendice C. Il avait écrit pas mal de synopsis de mission courts ou vagues, par le passé, dans le feu de l’action, ou par épuisement. Suite à un dysfonctionnement, l’arc plasma du bras droit de la Combinaison N°032 s’est bloquée en position allumé. Durant les quelques minutes de confusion nécessaires pour corriger le dysfonctionnement, le sujet a été malheureusement touché par le rayon plasma… Pas sa faute, si le lecteur l’interprétait comme un dysfonctionnement de la combinaison et pas de celui qui la portait.

Non. Il ne pouvait pas mentir à Illyan. Même pas par omission.

Je ne mentirais pas. Je raccourcirais juste mon rapport.

C’était impossible. À coup sûr il oublierait un minuscule détail dans un des autres fichiers, et les analystes d’Illyan s’en apercevrait, et ses problèmes seraient multipliés par dix.

Non qu’il y eût dans les autres sections beaucoup d’informations se rapportant à ce court incident. Ce ne serait pas difficile de réviser le rapport.

C’est une mauvaise idée.

déc 232010
 

The Sheen on the Silk
[Du sang sur la soie chez 10/18]
Anne Perry
Headline
9780755339082
Paru en 2010.

En 1273, Anna Zarides arrive à Constantinople pour comprendre pourquoi son frère a été accusé de meurtre et exilé. Déguisée en eunuque, elle a accès à toutes les couches de la société, des plus pauvres à l’empereur.

Les pays catholiques préparent une nouvelle croisade pendant que l’empereur Michel Paléologue multiplie les ouvertures vers l’Église de Rome pour tenter d’éviter une nouvelle mise à sac de Constantinople.

Un bon et solide roman historique, où l’intrigue policière n’est finalement qu’un prétexte pour justifier la curiosité de l’héroïne. J’ai beaucoup apprécié les personnages secondaires, et notamment Zoe, dont la mère avait été violée et tuée lors du sac de Constantinople 70 ans plus tôt et qui n’est motivée que par son désir de se venger.

Un très bon moment de lecture.

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The wind was chill off the waves, whose crests were only barely visible. She heard the sound of them sucking and hissing on the pebbles. Far away on the promontory the first rays of daylight caught a massive dome, a hundred, two hundred feet high. It glowed a dull red, as if with its own inner fire. It had to be the Hagia Sophia, the greatest church in the world, not only the most beautiful, but the heart and soul of the Christian faith.

 

Le vent était froid sur l’eau, les vagues à peine visibles. Elle les entendait clapoter et chuchoter sur les galets. Au loin sur le promontoire, les premiers rayons de soleil éclairaient un dôme massif, de cent, peut-être deux cents pieds de haut. Il luisait d’un rouge terne, comme s’il possédait son propre feu intérieur. C’était certainement la Hagia Sophia, la plus grande église du monde, non seulement la plus belle, mais aussi le cœur et l’âme de la foi chrétienne.

nov 052010
 

Mirror Dance in Miles Errant
[La Danse du miroir chez J'ai lu]
Lois McMaster Bujold
Baen
9780743435581
Paru en 2002.

Mark refait apparition dans la vie de Miles, et si ses intentions sont bonnes, ses résultats, eux…

De loin le livre le plus noir de la série : certains passages de tortures sont insoutenables, même s’ils sont moins graphiques que dans mon souvenir. Il y a aussi une réflexion passionnante sur les liens familiaux, notamment ce qui constitue une famille.

Encore une fois un très bon livre.

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“Where did I say I was going?” Miles inquired. His tone was, he thought, gentle, but several people flinched.

“Jackson’s Whole.” Elena looked him straight in the eye, with much the steady gaze of a zoologist about to dissect a specimen. A sudden lack of trust . . .

Jackson’s Whole. That tears it. “Bel Thorne? The Ariel? Taura? Within ten jumps of Jackson’s Whole?” Miles choked. “Dear God.”

“But if you’re you,” said Truzillo, “who was that three days ago?”

If you’re you,” said Elena darkly. The initiate crowd were all getting that same frowning look.

“You see,” Miles explained in a hollow voice to the What-the-hell-are-they-talking-about? portion of the room, “some people have an evil twin. I am not so lucky. What I have is an idiot twin.”

“Your clone,” said Elena Bothari-Jesek.

“My brother,” he corrected automatically.

“Little Mark Pierre,” said Quinn. “Oh . . . shit.”

 

« Où est-ce que j’ai dit que j’allais ? » demanda Miles. Sa voix, pensait-il, était douce, mais plusieurs personnes tressaillirent.

« Jackson’s Whole. » Elena le regarda droit dans les yeux, avec le regard assuré d’un zoologiste sur le point de disséquer un spécimen. Un manque soudain de confiance…

Jackson’s Whole. C’est le bouquet. « Bel Thorne ? L’Ariel ? Taura ? À moins de dix bonds de Jackson’s Whole ? dit Miles d’une voix étranglée. Mon Dieu.

– Mais si vous êtes vous, dit Truzillo, qui c’était, il y a trois jours ?

Si vous êtes vous », dit Elena d’un ton sinistre. Tous les initiés commençaient à froncer les sourcils.

« Vous savez, Miles expliqua d’une voix sourde à ceux qui se demandaient de quoi diable les autres parlaient, certaines personnes ont un mauvais jumeau. Je n’ai pas cette chance. Ce que moi j’ai, c’est un jumeau idiot.

– Votre clone, dit Elena Bothari-Jesek.

– Mon frère, corrigea-t-il automatiquement.

– Le petit Mark Pierre, dit Quinn. Oh, merde. »

oct 302010
 

Brothers in Arms in Miles Errant
[Un clone encombrant chez J'ai lu -- épuisé]
Lois McMaster Bujold
Baen
9780743435581
Paru en 2002.

Miles est coincé sur Terre à jongler avec Lord Lieutenant Vorkosigan et l’Amiral Naismith, quand un complot komarran complique encore les choses.

Pas un de mes romans préférés, mais il a le mérite de se passer sur Terre et de nous faire découvrir une culture encore importante à l’échelle galaxique, mais qui rappelle déjà Rome en pleine décadence.

Brothers in Arms voit aussi l’introduction de deux personnages d’importance : Mark, le clone de Miles, qui se débat avec des problèmes identitaires autrement plus importants que ceux de Miles, et Duv, le fils d’un terroriste komarran, aujourd’hui officier de la Sécurité Impériale.

Un roman un peu charnière, qui sert surtout à planter le décor de Mirror Dance.

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The captain appeared to be having an internal struggle. “Just what is the relationship between the Dendarii Free Mercenary Fleet and Imperial Security, Lieutenant?” he finally said. There was something almost plaintive in his tone.

“Er . . . what do you know already, sir?”

Captain Galeni turned his hands palm-up. “I hadn’t even heard of them, except peripherally, until you made contact by vid yesterday. My files—my Security files!—say exactly three things about the organization. They are not to be attacked, any requests for emergency assistance should be met with all due speed, and for further information I must apply to Sector Two Security Headquarters.”

“Oh, yeah,” said Miles, “that’s right. This is only a Class III embassy, isn’t it. Um, well, the relationship is fairly simple. The Dendarii are kept on retainer for highly covert operations which are either out of Imperial Security’s range, or for which any direct, traceable connection with Barrayar would be politically embarrassing. Dagoola was both. Orders are passed from the General Staff, with the advice and consent of the Emperor, through Chief of Imperial Security Illyan to me. It’s a very short chain of command. I’m the go-between, supposedly the sole connection. I leave Imperial HQ as Lieutenant Vorkosigan, and pop up—wherever—as Admiral Naismith, waving a new contract. We go do whatever we’ve been assigned to do, and then, from the Dendarii point of view, I vanish as mysteriously as I came. God knows what they think I do in my spare time.”

“Do you really want to know?” Elli asked, her eyes alight.

“Later,” he muttered out of the corner of his mouth.

 

Le capitaine sembla débattre intérieurement.

« Quelle est la relation exacte entre la Flotte Mercenaire Libre Dendarii et la Sécurité Impériale, Lieutenant ? » il finit par demander. Son ton était presque plaintif.

« Euh… Qu’est-ce que vous savez déjà, mon capitaine ? »

Le Capitaine Galeni ouvrit les mains.

« Je n’en avais jamais entendu parler, même en passant, jusqu’à ce que vous nous contactiez par vid hier. Mes dossiers — mes dossiers de la Sécurité ! — disent très exactement trois choses à propos de l’organisation. Nous ne devons pas les attaquer, nous devons répondre aux demandes d’aide urgentes le plus vite possible, et pour plus d’information, je dois m’adresser au QG du Secteur Deux de la Sécurité.

– Ah, ouais, dit Miles, c’est vrai. C’est une ambassade de Classe III, c’est ça ? Euh, et bien, la relation est plutôt simple. Les Dendarii sont gardés à disposition pour des opérations hautement classifiés qui sont soit hors de portée de la Sécurité Impériale, soit pour lesquelles une connexion directe, traçable avec Barrayar serait embarrassante politiquement. Dagoola était les deux. Les ordres me viennent de l’État-Major, avec le conseil et le consentement de l’Empereur, via le Chef de la Sécurité Impériale Ilyan. C’est une chaîne de commandement très courte; Je suis l’intermédiaire, normalement la seule connexion. Je quitte le QG impérial en tant que Lieutenant Vorkosigan, et j’apparais — n’importe où — en tant qu’Amiral Naismith, avec un nouveau contrat. Nous allons faire ce qu’on nous a dit de faire, et puis, du point de vue des Dendarii, je disparais aussi mystérieusement que je suis apparu. Dieu seul sait ce qu’ils pensent de ce que je fais de mon temps libre.

– Tu tiens vraiment à le savoir ? demanda Ellie, les yeux brillants.

– Plus tard », il murmura du coin des lèvres.