avr 252010
 

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi
Katherine Pancol
Albin Michel
9782226208316
Paru en mars 2010.

On continue à suivre la vie des personnages : Joséphine écrit un nouveau livre ; Hortense s’impose dans le milieu de la mode londonien et entame, peut-être, une relation avec Gary ; Zoë découvre l’amour ; Henriette cherche à récupérer la fortune de Marcel tandis que Junior et Josiane lui mettent des bâtons dans les roues ; …

Dernier volume d’une trilogie commencée par Les Yeux jaunes des crocodiles et La Valse lente des tortues, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi est un livre que j’ai dû lire en moins de 72h pour des raisons professionnelles, sans avoir lu les deux précédents. Du coup, j’ai eu énormément de mal à comprendre ce qui se passait, et qui était qui, d’autant plus que je lisais en diagonale et que certains des personnages portent des noms similaires.

Disons-le tout net, je n’ai pas du tout aimé ce livre, et je suis effarée que le premier ait vendu plus d’un million d’exemplaires. J’ai trouvé que la plupart des personnages n’avaient aucune épaisseur, voire étaient complètement caricaturaux, notamment Junior, qui me faisait grincer des dents chaque fois qu’il apparaissait.

De plus, le style est au fil de la plume, très oral et très fleuri, et je ne résiste pas à la joie de vous faire partager un passage qui m’a laissée entre l’hilarité et l’incrédulité :

Lire un court extrait »

Et ils gagnèrent leur chambre à pas de loup, firent voler le dessus-de-lit, voler jupe, pantalon et cotillons et se jouèrent le grand huit qui déraille, le petit boa orphelin, l’araignée étoilée des mers du Nord, le petit pingouin sous la glace, le grand fou qui jongle avec des choux verts et la girafe cinglée à l’accordéon. Enfin, fourbus, repus, ils se jetèrent dans les bras l’un de l’autre, se félicitèrent de tant de verve sexuelle, se pourléchèrent, se frictionnèrent, gonflèrent de bonheur et retombèrent comme deux baudruches flapies.

juil 242009
 

Guide de l’incendiaire des maisons d’écrivains en Nouvelle-Angleterre
[An Arsonist's Guide to Writers' Homes in New England]
Brock Clarke
Albin Michel
9782226193957
Parution prévue pour le 20 août 2009.

Un homme, qui a déjà passé dix ans de sa vie en prison pour l’incendie de la maison d’Emily Dickinson et l’homicide involontaire de deux personnes, voit sa vie basculer quand d’autres maisons d’écrivains sont incendiées.

Je vais être honnête ; j’ai détesté ce livre. J’ai trouvé le héros particulièrement agaçant et geignard, et l’intrigue complètement plate. Dommage, parce que le titre m’avait beaucoup attiré.

Il y avait aussi quelques maladresses de traduction, dont une assez énorme, où le héros réagit de façon complètement disproportionnée au mot « connasse ». D’après sa réaction, je soupçonne l’original d’être « cunt », qui est effectivement très tabou en Anglais américain. Le problème, c’est que la scène en perd toute sa saveur.

Lire un court extrait »

Moi, Sam Pulsifer, je suis l’homme qui a accidentellement réduit en cendres la maison d’Emily Dickinson à Amherst et qui, ce faisant, a tué deux personnes, crime pour lequel j’ai passé dix ans en prison. Cette histoire étant bien connue à l’échelon local, je la laisserai de côté pour le moment. Il suffira sans doute de dire qu’au panthéon des grandes et sinistres tragédies qui ont frappé le Massachusetts, il y a les Kennedy, les sorcières de Salem, et puis il y a moi.

avr 272009
 

Le Mythe de Meng
Su Tong
Flammarion
9782081202627
Paru en mars 2009.

Dans un passé indéterminé mais lointain, une jeune femme part à la recherche de son mari, enrôlé de force pour travailler sur la Grande Muraille de Chine. Son voyage n’est pas de tout repos, et ce qui l’attend au bout n’est pas vraiment joyeux.

Le langage était très poétique, mais c’est tout ce que je peux dire en la faveur de ce livre. J’ai trouvée l’intrigue à la fois confuse et ennuyeuse, et certains des rebondissements m’ont laissée complètement déconcertée (la chasse aux garçons-cerfs ? sérieusement ??).

Les critiques que j’ai pu trouver étaient plutôt positives, donc il est fort possible que ma déception avec ce livre vienne de moi. J’admets volontiers que je ne connais presque rien à la littérature ou même la culture chinoise, donc j’ai forcément du mal à apprécier.

Lire un court extrait »

Tout ceci nous amène à Jiang Binu. C’était une jeune femme éclatante, aux traits délicats, dont les larmes pouvaient s’accumuler derrière deux grands yeux sombres. Dotée d’une abondante chevelure que sa mère coiffait en deux chignons derrière ses oreilles, elle avait appris à y dissimuler ses larmes. Hélas, sa mère mourut alors que Binu était encore jeune, emportant avec elle sa formule secrète. Binu pleura ouvertement pendant toute sa jeunesse, ses cheveux restant à jamais mouillés et impossibles à coiffer correctement. ceux qui s’approchaient d’elle sentaient sur leur visage un nuage de gouttes d’eau. Sachant qu’il s’agissait des larmes de Binu, ils chassaient le liquide d’un air étonné : « Comment Binu peut-elle avoir tant de larmes ! »

Il serait injuste de prétendre que Binu versait davantage de larmes que les autres jeunes filles du village des Pêchers, mais sa manière de pleurer était de loin la plus maladroite. Une preuve de sa pure innocence était son incapacité à imaginer une manière plus habile de répandre ses larmes. Ainsi, alors que les autres jeunes filles parvinrent à épouser des commerçants ou des propriétaires terriens, ou, plus bas dans l’échelle sociale, des charpentiers ou des forgerons, le choix de Binu se borna à l’orphelin Wan Qiliang. Que lui apporta son mariage ? Un homme et neuf mûriers, rien de plus.