fév 102011
 

Le Rêve d’Amanda Ruth
[Dream of the Blue Room]
Michelle Richmond
Buchet-Chastel
9782283024461
Paru en janvier 2011.

Une jeune femme fait le voyage en Chine dont sa meilleure amie avait toujours rêvée, mais qu’elle ne peut pas accomplir elle-même, ayant été assassinée à l’âge de 18 ans.

C’est mou, c’est mou. La vision de la Chine confine au cliché, et aucun des personnages ne donne réellement envie de s’intéresser à eux.

Dommage.

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Ce que je ne dis pas à Graham, c’est que Dave et moi sommes séparés depuis deux mois, que nous vivons des vies complètement indépendantes chacun d’un côté de Central Park. Nous avions prévu et payé ce voyage des mois avant notre séparation. Je dois le lui reconnaître, Dave avait compris le besoin que j’avais de faire ce périple, pour honorer une promesse tacite faite à Amanda Ruth, et je crois que c’est la raison pour laquelle il a fini par accepter de m’accompagner. Tandis que nous étions dans le taxi qui nous emmenait à l’aéroport, nos deux sacs en toile entre nous sur le siège, j’espérais secrètement que ce voyage pourrait peut-être sauver notre couple. Je me disais que, si je parvenais à l’éloigner de New York et de notre routine, nous pourrions avoir une chance d’y parvenir. Je nous imaginais nous redécouvrant l’un l’autre dans cet endroit exotique, où aucune des anciennes règles ne pourrait s’appliquer.

oct 292010
 

Corpus Delicti : un procès
[Corpus Delicti: Ein Prozess]
Juli Zeh
Actes Sud
9782742792191
Paru en septembre 2010.

Dans une société où la maladie a été éradiquée, une jeune femme cherche à comprendre ce qui est arrivé à son frère.

Corpus Delicti commence de manière intéressante, avec une société qui n’est pas sans rappeler celle du Meilleur des mondes d’Huxley. Malheureusement, l’intrigue se confine souvent au cliché, et la fin est complètement téléphonée.

Décevant.

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La Préface

La santé est un état de bien-être absolu de l’homme dans sa dimension physique, spirituelle et sociale. Elle ne saurait se réduire à l’absence de maladie.

La santé pourrait se définir comme le courant vital irriguant sans entraves toutes les parties du corps, les organes et les cellules ; comme un état d’harmonie physique et mentale ; comme le libre épanouissement du potentiel d’énergie biologique. Les rapports qu’un organisme sain entretient avec son environnement fonctionnent comme des rouages bien huilés. L’homme en bonne santé se sent plein d’énergie, frais et dispos. Parfaitement armé pour affronter l’existence, il possède un opti­misme inébranlable, une grande force intellectuelle et une stabilité psychique à toute épreuve.

La santé n’est pas un état figé, mais un rapport dynamique de l’homme à lui-même. La santé demande à être conservée et accrue chaque jour, durant des années et des décennies, jusqu’à l’âge le plus avancé. La santé n’est pas simple moyenne, elle est dépassement de la norme et performance individuelle extrême. Elle est volonté visible, expression dans la durée de la force de volonté. La santé conduit, par le perfectionnement de l’individu, à la perfection de la communauté sociale. La santé est le but du vouloir-vivre naturel et par conséquent le but naturel de la société, du droit et de la politique. Un homme qui n’aspire pas à la santé ne saurait tomber malade : il l’est déjà.

Extrait de la préface de l’ouvrage
de Heinrich Kramer,
La Santé comme principe de légitimation politique,
Berlin, Munich, Stuttgart, 25e éd.
oct 262010
 

Maudit soit le fleuve du temps
[Jeg forbanner tidens elv]
Per Petterson
Gallimard
9782070124916
Paru en septembre 2010.

Quand elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer, une femme retourne dans le pays où elle est née, bientôt rejointe par son fils en instance de divorce.

Maudit soit le fleuve du temps fait partie de ces livres que je referme en me disant : « Certes, mais encore ? » Je suis donc restée sur ma faim.

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Debout dans l’embrasure de la porte, mon père tenait une sacoche semblable à celle que j’utilisais pour aller au collège, quand c’était la mode de se trimbaler avec des sacoches. Il est d’ailleurs possible que mon père ait récupéré la mienne, ce qui veut dire que la sacoche en question avait plus de vingt-cinq ans.

– Je m’en vais dès aujourd’hui, dit ma mère.

– Où ça ?

– Je retourne chez moi.

– Chez toi ? Dès aujourd’hui ? Il faudrait peut-être qu’on en discute d’abord. Que tu me laisses le temps de réfléchir.

– Il n’y a rien à discuter. J’ai pris mon billet. Je viens de recevoir une lettre de l’hôpital d’Aker. J’ai un cancer.

– Tu as un cancer ?

– Oui. Un cancer de l’estomac. C’est pour ça que je retourne chez moi.

Elle continuait à dire « chez moi » en parlant du Danemark et de sa ville natale, à l’extrême nord du pays, alors qu’elle vivait en Norvège, à Oslo, depuis près de quarante ans.

– Et tu veux partir seule ?

– Oui. Je préfère.

oct 222010
 

Ma paresse
[Il mio ozio]
Italo Svevo
Allia
9782844853653
Paru en septembre 2010.

Un vieil hypocondriaque raconte les techniques qu’il utilise pour rester en bonne santé.

Un petit livre assez étrange. Amusant par moments, mais pas assez pour être vraiment mémorable.

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Une bonne partie de mon présent, c’est indéniable, puise dans le pharmacie. Ce présent-là a commencé à une époque que je serais incapable de préciser, mais il a été à chaque instant scandé par les médicaments et les concepts nouveaux. Où est-il le temps où je croyais avoir pourvu à tous les besoins de mon organisme en ingérant chaque soir une bonne dose de poudre de réglisse ou l’un de ces simples bromures en poudre ou en solution ? Désormais, grâce à Carlo, j’ai à ma disposition tout un tas d’autres moyens pour lutter contre la maladie. Carlo me dit tout ce qu’il sait ; quant à moi, je me garde de lui dire tout ce que j’imagine parce que j’ai peur qu’il ne soit pas d’accord avec moi et que ses objections n’ébranlent l’édifice que j’ai eu tant de mal à trouver et qui m’assure une tranquillté et une sécurité que les personnes de mon âge ne connaissent pas d’ordinaire. Un véritable château ! Carlo croit que je m’empresse de dire amen à chacune de ses suggestions parce que j’ai confiance en lui. Tu parles ! Je sais qu’il connaît beaucoup de choses, que je cherche à les apprendre et à les mettre en pratique, mais avec mesure. Mes artères sont dérangées, il n’est pas question d’en douter. L’été dernier, je suis monté à une pression sanguine de 240 mm. J’ignore si c’est lié ou non, mais j’ai connu une période de profond abattement. Ça s’est terminé par un traitement à base d’iodure à fortes doses et d’un autre spécifique dont je ne me rappelle pas le nom, qui ont ramené la pression à 160, niveau auquel elle s’est maintenue depuis… Je me suis arrêté d’écrire quelques instants pour aller la prendre avec l’appareil que j’ai toujour prêt sur ma table. Elle est pile de 160 ! Auparavant, je vivais toujours sous la menace d’une attaque d’apoplexie que j’avais vraiment l’impression de sentir arriver. La proximité de la mort ne me rendait pas franchement meilleur, parce que j’en voulais à tous ces gens en bonne santé qui ne vivent pas sous cette menace et qui se plaignent, s’apitoient et s’amusent.

oct 012010
 

De lait et de miel
Jean Mattern
Sabine Wespieser
9782848050867
Paru en août 2010.

Un vieil homme revient sur sa vie, son ami d’enfance en Hongrie, son expérience de la Deuxième guerre mondiale, son immigration en France, son mariage avec une autre émigrée hongroise ayant fui après l’Insurrection de Budapest.

J’ai trouvé l’aspect historique du roman modérément intéressant, et j’ai trouvé l’amitié avec Stefan largement plus satisfaisante émotionnellement que le mariage avec Suzanne.

Pas mauvais, juste pas mon truc.

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L’idée d’habiter dans une rue appelée Ocean’s Drive, quand on est né à Timisoara, me paraît incongrue. Notre vieux professeur de géographie, M. Szerb, aurait-il seulement pu nous indiquer Honolulu sur une des vieilles cartes du temps de la double monarchie dont il disposait au lycée de Timisoara ? Avions-nous idée, à treize ans, que l’on pouvait finir sa vie sur une île américaine appelée Hawaï ? Mon acte de décès comportera pourtant la même mention que celui qu’on remplira un jour pour lui : Né à Timisoara. Alors Bar-sur-Aube ou Honolulu, Hawaï, c’est peut-être du pareil au même.