nov 162010
 

Le chat qui venait du ciel
[猫の客]
Hiraide Tikashi
Philippe Picquier
9782877308717
Paru en 2006.

Le narrateur et sa femme tombent sous le charme du chat de leurs voisins.

Un petit bijou de poésie, avec cette sensibilité toute japonaise qui découvre de la beauté dans les détails même les plus prosaïques.

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Ce Chibi était une merveille : la robe blanche parsemée de taches rondes d’un gris noir légèrement nuancé de marron clair comme il est fréquent d’en voir au Japon, il était mince et élancé, et réellement tout petit.

Ce qui le différenciait des autres chats, c’était précisément son extrême minceur, si petit et si frêle qu’on remarquait tout de suite ses oreilles pointues et mobiles à l’extrême. En dehors de cette particularité, on se rendait compte immédiatement qu’il n’était pas du genre à se frotter aux jambes d’un humain. J’ai d’abord cru que s’il ne s’approchait pas de moi, c’était parce que je n’avais pas l’habitude des chats, mais il n’en était rien. Une fillette s’était accroupie dans le passage de l’Éclair pour l’observer, il n’a pas cherché à fuir, mais à l’instant où elle faisait mine d’approcher, il l’a esquivée avec une vivacité presque coupante. J’ai senti briller dans ce refuss un éclat pâle et froid.

avr 272009
 

Le Mythe de Meng
Su Tong
Flammarion
9782081202627
Paru en mars 2009.

Dans un passé indéterminé mais lointain, une jeune femme part à la recherche de son mari, enrôlé de force pour travailler sur la Grande Muraille de Chine. Son voyage n’est pas de tout repos, et ce qui l’attend au bout n’est pas vraiment joyeux.

Le langage était très poétique, mais c’est tout ce que je peux dire en la faveur de ce livre. J’ai trouvée l’intrigue à la fois confuse et ennuyeuse, et certains des rebondissements m’ont laissée complètement déconcertée (la chasse aux garçons-cerfs ? sérieusement ??).

Les critiques que j’ai pu trouver étaient plutôt positives, donc il est fort possible que ma déception avec ce livre vienne de moi. J’admets volontiers que je ne connais presque rien à la littérature ou même la culture chinoise, donc j’ai forcément du mal à apprécier.

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Tout ceci nous amène à Jiang Binu. C’était une jeune femme éclatante, aux traits délicats, dont les larmes pouvaient s’accumuler derrière deux grands yeux sombres. Dotée d’une abondante chevelure que sa mère coiffait en deux chignons derrière ses oreilles, elle avait appris à y dissimuler ses larmes. Hélas, sa mère mourut alors que Binu était encore jeune, emportant avec elle sa formule secrète. Binu pleura ouvertement pendant toute sa jeunesse, ses cheveux restant à jamais mouillés et impossibles à coiffer correctement. ceux qui s’approchaient d’elle sentaient sur leur visage un nuage de gouttes d’eau. Sachant qu’il s’agissait des larmes de Binu, ils chassaient le liquide d’un air étonné : « Comment Binu peut-elle avoir tant de larmes ! »

Il serait injuste de prétendre que Binu versait davantage de larmes que les autres jeunes filles du village des Pêchers, mais sa manière de pleurer était de loin la plus maladroite. Une preuve de sa pure innocence était son incapacité à imaginer une manière plus habile de répandre ses larmes. Ainsi, alors que les autres jeunes filles parvinrent à épouser des commerçants ou des propriétaires terriens, ou, plus bas dans l’échelle sociale, des charpentiers ou des forgerons, le choix de Binu se borna à l’orphelin Wan Qiliang. Que lui apporta son mariage ? Un homme et neuf mûriers, rien de plus.