sept 062010
 

Sans nouvelles de Gurb
[Sin noticias de Gurb]
Eduardo Mendoza
Seuil
9782020903073
Paru en 2006.

Deux extra-terrestres arrivent à Barcelone avec pour mission d’explorer la Terre. L’un d’eux, Gurb, part sous l’apparence de l’être humain Madonna et disparaît. L’autre se met à sa recherche.

Hilarant ! J’ai adoré le regard extérieur porté sur les habitudes humaines, les gaffes en tout genre du narrateur et son humanisation progressive.

Court et drôle, à recommander à tous ceux qui n’ont pas la pêche, et aux autres.

Lire un court extrait »

7 h 21. Premier contact avec un habitant de la zone. Données transmises par Gurb : taille de l’être individualisé, 170 centimètres ; périmètre crânien, 57 centimètres ; nombre d’yeux, 2 ; longueur de la queue, 0,00 centimètres (absente). L’être communique au moyen d’un langage d’une grande simplicité structurelle, mais d’une sonorisation très complexe, car il doit l’articuler en se servant d’organes internes. Conceptualisation extrêmement pauvre. Dénomination de l’être : Lluc Puig i Roig (prononciation impossible, réception probablement défectueuse ou incomplète). Fonction biologique de l’être : professeur titulaire (activité exclusive) à l’Université Autonome de Bellaterra. Niveau de compréhension, faible. Dispose d’un moyen de locomotion d’une grande simplicité structurelle mais d’une grande complication de maniement, dénommé Ford Fiesta.

sept 142009
 

L’Offense
[La Ofensa]
Ricardo Menéndez Salmón
Actes Sud
9782742785162
Parution prévue pour octobre 2009.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un jeune tailleur allemand est envoyé en France, où il assiste impuissant au massacre d’un village. À la suite de cet événement, il perd toute sensibilité pour devenir une sorte de créature purement mentale. Réfugié à Londres après la guerre avec la femme qu’il a épousé, sa vie est de nouveau bouleversée par l’apparition de trois hommes et d’une femme très belle qu’il ne peut s’empêcher de suivre.

C’est un tout petit livre assez étrange et très dur, sans complaisance pour l’un ou l’autre camp. Son exploration de la noirceur de l’âme humaine se mêle à la calme acceptation des événements qui chamboulent la vie du jeune Kurt, jusqu’à la scène finale.

Par contraste avec les horreurs que Menéndez Salmon dépeint, son style est fantaisiste et plein d’humour.

Un livre très étrange, dont je ne suis pas sûre d’avoir compris toute la portée. À lire.

Lire un court extrait »

Pour se conformer à la tradition familiale et au souhait formel de son père tailleur, Kurt Crüwell devait reprendre son atelier de bonne réputation au numéro 64 de la Gütersloher Strasse dans la ville de Bielefeld, non loin du luxuriant Teutoburgerwald et à quelques pâtés de maisons seulement de l’endroit où des décennies plus tard, entre 1966 et 1968, Philip Johnson, architecte renommé de Cleveland, érigerait la fameuse Kunsthalle ; toutefois, le 1er septembre 1939, un événement traumatisant bien que prévisible compromit ses rêves paisibles de propriétaire — ainsi que son entrée dans la société petite-bourgeoise de Bielefeld — et rendit son destin bien moins paisible et infiniment plus hasardeux.

Ce jour-là, alors que Kurt fêtait son vingt-quatrième anniversaire, l’un de ses compatriotes nommé Hitler donna l’ordre à son armée de forcer le corridor de Dantzig, d’attaquer la ville qu’on connaît aujourd’hui sous le nom de Gdánsk, et de s’emparer d’un morceau de l’histoire polonaise au nom du IIIe Reich.

La Seconde Guerre mondiale venait d’éclater.

août 212009
 

Le Jeu de l’ange
[El juego del ángel]
Carlos Ruiz Zafón
Robert Laffont
9782221111697
Paru en août 2009.

À Barcelone dans les années 20, un mystérieux éditeur fait une proposition à un jeune écrivain. Ce contrat bouleverse sa vie et le lance dans une quête effrénée de la vérité.

Confession : non seulement je n’ai jamais lu L’Ombre du vent et je n’ai donc pas d’a priori positif sur Zafón, mais en plus j’ai lu son interview dans un Livre Hebdo du mois de juillet, et son arrogance m’a franchement rebutée (désolée, mais il n’y a pas d’écrivain si talentueux qu’il ne bénéficie pas du stylo rouge d’un éditeur).

J’ai bien aimé Le Jeu de l’ange: l’intrigue était prenante, et je voulais vraiment savoir la fin, donc je me suis accrochée jusqu’au bout. Cela dit, il y avait des longueurs, et on aurait facilement pu couper une centaine de pages sans risques pour l’intrigue. J’ai aussi trouvé l’épilogue particulièrement répugnant dans ce qu’il impliquait.

J’ai quand même envie de lire L’Ombre du vent, mais au vu du Jeu de l’ange, je n’en fait pas une priorité.

Lire un court extrait »

Un écrivain n’oublie jamais le moment où, pour la première fois, il a accepté un peu d’argent ou quelques éloges en échange d’une histoire. Il n’oublie jamais la première fois où il a senti dans ses veines le doux poison de la vanité et cru que si personne ne découvrait son absence de talent, son rêve de littérature pourrait lui procurer un toit sur la tête, un vrai repas chaque soir et ce qu’il désirait le plus au monde : son nom imprimé sur un misérable bout de papier qui, il en est sûr, vivra plus longtemps que lui. Un écrivain est condamné à se souvenir de ce moment, parce que, dès lors, il est perdu : son âme a un prix.

Le Jeu de l’ange, de Carlos Ruiz Zafón