juil 072011
 

Allmen et les libellules
[Allmen und die Libellen]
Martin Suter
Christian Bourgois
9782267021738
Paru en 2011.

Johann Friedrich von Allmen est au bord de la ruine : il a dû vendre sa maison, la plupart de ses objets de valeur, et a des créanciers partout. Pour se renflouer, il vole des verres ornés de libellules créés par le maître verrier Émile Gallé. Après l’assassinat de son receleur et une tentative sur sa personne, Allmen se mue en enquêteur.

J’ai beaucoup aimé cette histoire, même si le début est un peu laborieux, le temps d’établir le décor et les personnages. Allmen est délicieusement amoral et les personnages qui l’entourent hauts en couleur.

Au moins deux autres volumes des aventures d’Allmen son prévus ; j’espère qu’ils seront aussi bons que celui-ci.

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Aujourd’hui encore, Allmen lisait tout ce qui lui passait entre les mains. Littérature du monde, classiques, nouveautés, biographies, récits de voyage, prospectus, modes d’emploi. C’était un client habituel de plusieurs bouquinistes et il lui était déjà arrivé de demander à un taxi de s’arrêter devant un immeuble le jour où l’on ramassait les encombrants, pour en revenir avec quelques livres.

Une fois qu’il en avait commencé un, aussi mauvais fût-il, Allmen ne pouvait s’empêcher d’aller jusqu’au bout. Il ne le faisait pas par respect envers l’auteur, mais par curiosité. Il croyait que chaque livre avait son secret, ne fût-ce que la réponse à la question de savoir pourquoi il avait été écrit. Et c’est ce secret qu’il devait éventer. Pour être précis, Allmen n’avait donc pas d’addiction à la lecture — c’était un toxicomane du secret.

sept 292010
 

Léa
[Lea]
Pascal Mercier
Libella – Maren Sell
9782355800115
Paru en août 2010.

Un homme confie à un étranger la passion dévorante et destructrice de sa fille pour le violon.

J’ai failli ne pas finir le livre tant je me suis ennuyée. L’intrigue était suffisamment convenue pour que la fin soit évidente dès le début.

Beaucoup de personnes m’avaient conseillé Train de nuit pour Lisbonne, mais après cet échec retentissant, je ne suis pas sûre de me laisser tenter.

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Loyola — ainsi l’appelions-nous plus tard, comme s’il s’agissait d’une vieille amie — jouait la Partita en mi majeur de Bach. À ce moment, je ne le savais pas ; jusqu’alors, je n’avais jamais pris la musique très au sérieux. Cécile m’avait bien trainé à quelques concerts, mais j’étais la parfaite caricature du spécialiste borné, un vrai béotien. Ce fut ma petite fille qui m’introduisit la première dans l’univers de la musique, et avec mon esprit aussi méthodique, aussi réglé qu’un métronome, mon esprit de scientifique, j’appris tout sur le sujet, sans savoir si j’aimais la musique qu’elle jouait parce qu’elle me faisait plaisir, ou seulement parce qu’elle semblait participer au bonheur de Léa. La Partita de Bach qu’elle devait jouer plus tard avec tant de brio et de profondeur, comme personne d’autre — uniquement à mes oreilles, je le sais —, je la connais aujourd’hui aussi bien que si je l’avais écrite moi-même. Si seulement je pouvais l’effacer de ma mémoire.